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TRAFIC ILLICITE DE MÉDICAMENTS : Les recettes d’un mal profond

Outre la porosité des frontières sénégalaises qui facilite l’entrée frauduleuse des médicaments sur le territoire national, le mal prend ses racines dans les nombreux cas de cambriolages dont sont victimes les officines. Il constitue ensuite, avec la passivité de l’Etat et la naïveté des populations, les véritables recettes du mal que constitue le trafic illicite des médicaments.

Le malheur ne se mesure plus.
Les dégâts sont tellement colossaux qu’il serait risqué d’en évaluer l’ampleur. Autant chez les pharmaciens – victimes de cambriolages – que chez les populations – exposées au danger des médicaments de la rue, manipulés par des mains inexpertes. Populations et officines, sont ainsi condamnées à la même éternité du trafic illicite de médicaments et de ses conséquences sur la santé publique. Un mal dont les origines sont pourtant connues.

Cambriolage. Ce mal qui perdure, est tellement profond que les malfaiteurs, semblent avoir acquis une certaine expérience leur permettant de cibler les produits qui peuvent être écoulés le plus vite. Rarement, ces encagoulés qui défoncent les vitrines des officines sont des braqueurs ordinaires, à la recherche d’argent liquide. Ils le savent plus que quiconque : il n’y a pas d’argent dans les caisses des officines. Mais, des médicaments, ils peuvent en trouver en quantité dans les rayons.

Les vendeurs de rue. Les cambrioleurs et leurs complices écouleraient difficilement leurs butins s’il n’y avait pas ces centaines de points de vente clandestins de médicaments dans des zones bien connues à Dakar et dans la quasi totalité du pays. Dans la ville sainte de Touba, surtout, où le médicament est vendu même à la boutique du quartier !
Un danger incommensurable dans cette cité religieuse où les 50% de la population – sujets à l’hypertension – se ravitaillent pour la plupart chez le vendeur du coin, au vu et au su de tout le monde.

Actions combinées. Pour juguler ce mal, il faut alors une politique sécuritaire plus aboutie à trois niveaux.

Au niveau étatique d’abord, avec une présence dissuasive des forces de sécurité publique. Mais, il faut surtout, démanteler les sites de vente clandestins. Ils ne sont pas des bastions imprenables et, céderont face à une réelle volonté politique qui vise leur élimination. Il faut en finir avec tous ces discours, tenus par des autorités qui, après chaque cambriolage, chaque agression contre les pharmacies, viennent faire les mêmes promesses, les mêmes engagements, avec cliché légèrement retouché.

Au niveau de la corporation ensuite – tous les groupements sont concernés – pour, ensemble, définir les stratégies de lutte contre ces deux fléaux qui s’imbriquent, cambriolages des officines et vente illicite de médicaments. Il faut être beaucoup plus offensifs. Il ne s’agit plus d’attendre que le renard sort du poulailler pour le traquer. Il faut attaquer le mal, et ne plus attendre qu’une pharmacie soit cambriolée ou un pharmacien attaqué pour « fermer boutique pendant quelques heures » et ‘’oublier’’.

Enfin, les populations doivent jouer leur partition en refusant systématiquement de s’approvisionner chez ces revendeurs clandestins. Leur rôle est primordial à ce niveau. Mais, elles ont besoin de repères qui les orientent. Il faut un travail minutieux de sensibilisation continue et une communication offensive, avec des actions ciblées conduites par la corporation « pour une pharmacie encore plus proche des populations », avec des pharmaciens qui vont vers les populations. Car, le trafic illicite de médicaments interpellent tout le monde !

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