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SERIGNE BABACAR SY MANSOUR SUR L’ANNULATION DU GAMOU DE TIVAOUANE : « Ce qui importe, ce n’est pas le nombre de fidèles mobilisés »

« Célébrer le Gamou autrement » ! C’est le mot d’ordre du Khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour qui, dans le contexte actuel marqué par la pandémie de la Covid, invite les fidèles à commémorer la naissance du prophète « dans l’intimité de leurs chaumières ». Dans un message destiné aux fidèles et repris par dakarpresse, il explique pourquoi il n’y aura pas de Mawlid cette année à Tivaouane, une grande première depuis 1902 !

« C’est devant la persistance de la pandémie liée à la Covid-19 dans notre pays et dans le monde entier, après avoir lu les conseils avisés des hommes de l’art et des jurisconsultes, conformément à l’injonction coranique, ‘’interrogez les détenteurs du rappel si vous ne savez pas’’, et après une large concertation avec la famille de notre vénéré maître Cheikhal Hajj Malick Sy RTA, conformément à la devise de la large concertation dans le Coran que Serigne Babacar Sy Mansour a décidé de s’adresser ce jour, mardi 13 octobre 2020, aux musulmans du Sénégal et de la Diaspora.
Cette adresse vient en cohérence avec les positions qu’il a déjà prises jusqu’ici, positions fondées sur la Sunna du prophète Mohammed (PSL) qui disait dans un hadith célèbre : ‘’La peste est une sorte de malédiction, si vous connaissez un pays dans lequel l’épidémie s’est répandue, n’y partez pas et si vous vous y trouvez, n’en sortez pas non plus pour la fuir’’.
Celle-ci se fonde également sur les traditions recueillies des guides de notre voie qui se sont toujours distingués par l’affirmation de leur responsabilité et par leur bienveillance lorsque la vie ou la quiétude de leurs coreligionnaires sont menacées. Rappelons à ce titre que Mawlana Cheikhal Hajj Malick Sy, lors de la peste de 1919, avait, dans une lettre adressée aux mosquées de son obédience, écrit ceci : ‘’Ne désobéissez pas aux recommandations des médecins qui vous demandent de ne pas cacher la maladie. Nous devons respect et considération aux médecins ; rien que pour honorer les paroles du prophète Mohammed (PSL), vous devez les suivre à propos de l’interdiction d’entrer dans les zones affectées par les épidémies ou d’en sortir’’.
Fort de toutes ces considérations, le khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour a jugé utile et salutaire d’inviter les fidèles à célébrer la Mawlid de cette année dans l’intimité de leurs foyers. Car ce qui l’importe, ce n’est ni la lettre ni le nombre de fidèles mobilisés, mais l’essence de cette commémoration qui en tout point de vue n’est que la reproduction du modèle prophétique telle qu’enseigné par Mawlana Cheikhal Hajj Malick Sy RTA, lui dont l’invite rigoriste fustigeait qu’on la célèbre dans l’ostentation et la promotion de l’interdit. Nous raconte-t-on que la première édition du Mawlid célébrée à Tivaouane l’a été par lui et par son disciple et ami, Elhadj Rawane Ngom de Mpal, se partageant le Coran qu’ils ont psalmodié tout au long de la nuit.
Serigne Babacar Sy Mansour sait à juste titre l’attachement que vous portez à Tivaouane et à son guide éclairé. Il mesure la profondeur de votre dévouement à prendre sur vous le risque pour sacrifier à la tradition qui veut que depuis 1902 et sans interruption, le Gamou ait été toujours célébré dans la ferveur, la communion ici à Tivaouane. Rien ne lui ferait plus plaisir que de pouvoir communier avec vous à nouveau, mais à l’impossible, nul n’est tenu. Or, l’impossible de communier rime avec le coronavirus qui, plus qu’une maladie est une malédiction et un fossé qui n’est franchissable qu’au péril de notre santé et de notre vie. A l’image de cette anecdote racontée à propos de Serigne Babacar Sy RTA à qui les disciples dakaroises de Cheikhal Hajj Malick Sy avaient adressé la doléance de souhaiter le voir de près, il dit à El Hadj Pèdre Diop qu’elles avaient mandaté : ‘’Demande leur si elles préfèrent me voir aujourd’hui et ne pas pouvoir me voir demain ou si elles préfèrent attendre demain et me voir dans l’assemblée de Dieu aux côtés de Cheikhal Hajj Malick Sy’’. Or, il existe plusieurs façons de rendre grâce à Dieu et de reproduire le modèle prophétique. Il y a mille leçons, mille chemins de vie pour célébrer le Mawlid ; une action de grâce et de solidarité faite ce jour à l’endroit d’un coreligionnaire nécessiteux peut être plus salutaire que mille prosternations. Une prière à l’adresse d’un malade cloué dans un lit d’hôpital peut avoir plus de bénéfices que nos propres actes de dévotion. Pensons à tous ces malades du Covid dans nos hôpitaux et pour eux, prions ce jour. Une prière également pour tous ces morts emportés par cette maladie est à coup sûr, une forme de reproduction du modèle du meilleur des hommes, celui-là même dont le Coran nous assure qu’il n’a été envoyé que comme miséricorde pour les mondes. Une pensée et un encouragement pour nos médecins, nos aides-soignants qui depuis huit mois, n’ont pas de répit et veillent sur notre santé et celle de nos proches, peut être une autre forme de célébrer le Mawlid.
Le Mawlid étant également un prolongement de l’université populaire de Mawdo, il existe mille façons de rendre le savoir accessible à tous par l’alchimie des technologies de l’information et de la communication, mais aussi par les médias.
C’est donc à cela que le khalife général des Tidianes nous invite, à savoir célébrer autrement cette année dans l’intimité, dans le refus de la fatalité, dans la prière profonde et sincère, dans la prière sans foule, et la célébration sans bain de foule, celle menée dans l’intimité de nos chaumières, dans le partage, l’amour du prochain, dans la quête de l’agrément d’Allah SWT et de son prophète, sous l’ombre salvatrice de l’homme au parasol, Mawlana Cheikhal Hajj Malick Sy.
Que ceux qui sont présents fassent passer ce message à ceux qui sont absents ».

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