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SÉNÉGAL : Le Pr Moussa Seydi révèle les causes des décès liés au COVID

Six mois après le premier cas positif signalé au Sénégal, le pays attend les résultats d’une étude consacrée aux décès liés au COVID-19. Selon les résultats préliminaires, « 85 % (des décédés) sont arrivés à un stade tardif ; 2/3 des patients décédés avaient au moins deux comorbidités ; 80 % étaient âgés de plus de 60 ans. Mais le facteur clé, en vérité, c’est le retard de consultation ». Le professeur Moussa Seydi donne les détails.

Il est très écouté et sa voix fait autorité. Bien plus que celle des politiques et autres « hommes de sciences colorés » qui parlent plus pour cacher leurs intérêts actuels et futurs. Moussa Seydi, professeur agrégé des universités, figure emblématique de la lutte contre le COVID au Sénégal, a eu souvent des positions et défendu des postures à l’opposé de celles prônées par les « décideurs » (la prise en charge à domicile notamment). Le profil du chef du service des maladies infectieuses de Dakar est pourtant bien loin de celui d’un iconoclaste. Scientifique dans l’âme, il fait passer la rigueur scientifique, cartésienne devant toute autre considération. Ce qui lui a souvent valu de petites mises à l’écart au sein du comité de gestion des épidémies où il devait pourtant jouer un rôle plus que primordial.

Ce brillant toubib qui tient un discours de vérité quel que soit le goût, s’est encore implicitement adressé aux Sénégalais à travers une émission radio diffusée, ce dimanche 9 août. Invité de l’émission hebdomadaire « Objection » qui passe sur les ondes de la radio Sud Fm tous les dimanches, le professeur Moussa Seydi dit, cette fois-ci, pourquoi les sénégalais meurent du COVID-19, pourquoi la courbe des décès a connu une certaine hausse.

A l’entendre, si certains patients finissent par succomber en réa, c’est d’abord parce qu’ils ont un certain âge, « largement au dessus de la soixantaine (voire), 70 ans ». Ensuite, une bonne partie des personnes décédées présente au moins deux comorbidités : « le diabète et l’hypertension artérielle ». Mais, surtout et plus grave encore, précise le professeur Moussa Seydi, « très souvent », ces patients décédés des suites du COVID ne sont pas consultés à temps. D’où son appel lancé aux populations pour bannir la stigmatisation. Car, malgré tout, « un minimum de 50 % des patients ressortent vivant des services de réanimation ». Des résultats qui selon lui pouvaient être améliorés s’il n’y avait pas la stigmatisation. Cette stigmatisation pousse beaucoup de patients à aller dans les structures de santé dans un état critique.

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