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SCANDALE AU MINISTÈRE DE LA SANTÉ : Un comptable détourne 74 millions CFA

Comptable durant la première phase du Projet de renforcement du système sanitaire du Sénégal piloté par le ministère de la santé et de l’action sociale (MSAS), le sieur O. Diop a été attrait à la barre du tribunal correctionnel de Dakar le vendredi 29 janvier dernier. Il est poursuivi pour détournement de deniers publics portant sur près de 75 millions de francs CFA et, faux et usage de faux.

Selon l’accusation, tout est parti d’un audit effectué après son départ en 2018. Le contrôle aurait révélé un détournement de plusieurs millions par le comptable Diop. Les montants étaient destinés à l’IPRES et à la direction générale des impôts et domaines (DGID). Il aurait également soustrait d’autres montants représentant des surplus dégagés lors des séminaires.

D’après le parquet et l’agence judiciaire de l’Etat, le prévenu falsifiait les chèques avant de les faire endosser par un chauffeur. Ce dernier, M. Keïta, qui faisait les retraits a finalement bénéficié d’un non-lieu.

Pour sa part, le comptable a réfuté les faits. Selon lui, « l’audit externe n’a pas révélé de malversations. Les charges sociales ont été versées au moment où je partais », explique O. Diop qui dit avoir reçu la plainte huit mois après son départ. Toujours selon le comptable, les chèques endossés par le chauffeur l’ont été dans le cadre de l’exécution du projet. Concernant l’IPRES, il révèle que le projet n’avait pas un numéro d’identification car ne disposant pas de Ninea.

Lorsque le juge lui a présenté un lot de photocopies de chèques, le sieur Diop a nié être l’auteur de toutes les écritures. « Je n’ai pas encaissé ni endossé les chèques de ces structures car je n’ai pas leur cachet », s’est-il défendu. Mais, il sera très vite démenti par le témoin O. Ngom qui a précisé que les responsables du projet ont découvert sur les chèques remis par la banque, un cachet de la DGID. « Après investigations, il s’est avéré que ces cachets ont été confectionnés par O. Diop pour maquiller le détournement », a encore détaillé le témoin.

Dans son réquisitoire, le parquet a rappelé au prévenu qui contestait le procès verbal de l’enquête de police qu’il a reconnu les faits devant le juge. Dans la même lancée, l’agent judiciaire de l’Etat a soutenu que ses tentatives de dénégations ne sauraient prospérer. « Malgré les sommes détournés, il n’a pas fait amende honorable », a déploré Mme Ramatoulaye Ly Ndiaye, avant de réclamer le remboursement de 76 millions de francs CFA.

Le parquet a clos son réquisitoire en demandant une peine de deux ans dont un an ferme.

Pour sa part, l’avocat de la défense, Me Abou Dialy Kane estime que le détournement de deniers publics n’est pas établi puisqu’il ne s’agit pas de l’argent public. A cela, s’ajoute le fait que les administrations à qui l’argent était destiné n’ont pas fait de réclamations. Ainsi a-t-il plaidé la relaxe au bénéfice du doute, à titre principal. A défaut l’avocat de la défense demande une application bienveillante de la loi pour son client en prison depuis deux ans. Le délibéré est attendu le 10 février prochain.

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