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« Nous sommes prisonniers des politiciens », Mgr Benjamin Ndiaye

Souvent au-devant de la scène l’activité politique a fini par prendre le dessus sur bien des sujets majeurs de la vie. D’autres secteurs comme l’enseignement, la culture, la santé et l’économie sont ainsi traités en surface au bénéfice des sujets politiques pourtant pas plus importants que les autres. Voilà sans doute le constat qui a amené l’archevêque de Dakar, Monseigneur Benjamin Ndiaye, à regretter le fait que les politiciens aient fini par prendre en otage les populations. Selon l’archevêque de Dakar en effet, au le peuple sénégalais est purement et simplement « prisonnier » de ses hommes politiques. « Nous sommes prisonniers des politiciens », dit-il tout simplement. Or, poursuit Mgr Benjamin Ndiaye, « le politique doit être au service de la cité. Mais, aujourd’hui, à travers des querelles politiciennes, on prend en otage la population, qui n’a plus d’autres visées que d’être du bon côté pour bénéficier d’un certain nombre d’avantages ».

L’archevêque de Dakar, qui prenait part à la cérémonie de présentation des actes du colloque international consacré en 2016 à l’universitaire sénégalais Alioune Diop (1910-1980) a également déploré le fait que l’on soit devenu « matérialiste et alimentaire ». « Cela, dit-il, n’élève pas le débat pour permettre à ce pays de savoir où il doit aller, avec des valeurs qui s’enracinent dans la culture populaire ». Et, comme pour remettre les choses à l’endroit, l’archevêque de Dakar a invité les universitaires à être le « moteur » de leur société, « comme l’a été le fondateur de la revue Présence Africaine (Alioune Diop) », rappelle-t-il.

« Alioune Diop a choisi d’offrir à l’Afrique une tribune à travers sa maison d’édition, Présence africaine, et cela a créé tout un bouillonnement (…) Je pense qu’on a besoin d’un moteur comme ça, aujourd’hui », a suggéré le prélat catholique.

Intellectuel et universitaire sénégalais, Alioune Diop, né à Saint-Louis le 10 janvier 1910 a fondé la revue Présence africaine. Né musulman, il fréquente, comme tout « bon saint-louisien », l’école coranique durant son enfance. Toutefois, ses tantes maternelles l’initient à la lecture de la Bible et, devenu adulte, Alioune Diop se convertira au christianisme. Il recevra à cet effet, son baptême catholique du père dominicain Jean-Augustin Maydieu dans la nuit de Noël 1944 à Saint-Flour dans le Cantal (France) sous le nom de Jean.

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