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MENDICITE ET EXPLOITATION DES FILLES A KEDOUGOU ET SARAYA : Le Sénégal risque d’être exclu du Millenium Challenge Account

Le Sénégal est classé parmi les pays à surveiller selon le dernier rapport du département américain sur la traite des personnes dans le monde. Ce qui pourrait avoir un impact négatif sur l’aide publique américaine. Et, au vu de l’ampleur du phénomène, l’État est appelé à agir au risque de ne plus jouir des fonds du Millenium Challenge Account qui constitue un haut programme d’investissement.

Le dernier rapport du département américain consacré à la situation de la traite des êtres humains dans le monde classe le Sénégal parmi les pays du Tier 2 à surveiller. Cette position n’est pas du tout confortable pour le pays si l’on en croit les explications du représentant national de l’ONUDC au Sénégal qui indique que s’il n’y a pas suffisamment d’actions dans le sens de faire basculer le Sénégal dans le Tier 1, le pays risque des sanctions de la part des Etats-Unis surtout avec le millenium challenge account (MCA). « Si le Sénégal passe dans le Tier 3, les Etats-Unis décideront de sanctionner les pays qui sont dans cette position là avec l’aide publique américaine », indique Issa Saka. Pour parer à cette éventualité, le Sénégal est dans l’obligation de faire des efforts surtout dans le volet judiciaire afin de relever le niveau.

Mais, le blocage principal reste la question de la mendicité et celle de la traite des personnes, notamment dans les zones aurifères de Kédougou et de Saraya. Pour ce qui concerne la mendicité des enfants, malgré les efforts consentis par l’État du Sénégal pour juguler le mal, le phénomène reste entier. Des centaines de milliers d’enfants sont dans les rues à cause de l’exploitation et de la maltraitance de marabouts véreux. Selon les statistiques, à Dakar seulement, la mendicité des enfants rapporte plus de 5 milliards.

Le document publié par le gouvernement américain indique que « la corruption et la complicité officielle dans les crimes de traite sont restées des préoccupations importantes, inhibant l’action des forces de l’ordre au cours de l’année ». Sur les sites d’exploitation dans la zone orientale du pays, des filles et des femmes qui viennent principalement du Nigéria et des pays limitrophes sont soumises à une prostitution forcée. Le représentant national de l’ONUDC revient sur ce qui retient ces dernières dans ces zones : « ce sont des victimes et pour la plupart on leur a promis des voyages vers des pays de l’Occident, mais elles se retrouvent dans cette situation là et sont obligées de se prostituer pour rembourser d’importantes sommes qui sont entre 1 million 500 mille et 3 millions de francs CFA.

Donc ces filles sont littéralement violées pour rembourser ces montants », a-t-il expliqué. « Il faut que de plus en plus que des actions soient prises et que les gens qui tirent profit de la traite des personnes et qui exploitent les enfants, les filles, les femmes soient poursuivis et condamnés », préconise M. Saka.

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