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LUTTE CONTRE LE PALUDISME : Pourquoi le Sénégal est performant ?

A quelques mois de l’échéance pré élimination (2020), le paludisme continue de faire des ravages dans le monde. En Afrique surtout, – particulièrement à l’Ouest du continent où l’on dénombre 5 des 10 pays les plus touchés par la maladie – les chiffres du dernier rapport mondial interpellent et commandent un regain d’efforts dans la lutte. Le Sénégal qui l’a compris, est sur la bonne voie pour éradiquer le paludisme en 2030.

Certes, les récents chiffres – 219 millions de cas de paludisme pour 435 000 morts – tirés du dernier rapport de l’OMS (2018) font froid dans le dos. Certes encore, l’Afrique subsaharienne joue les trainards en matière de lutte contre le paludisme : « 10 des 11 pays où il y a le taux le plus élevé sont en Afrique. Parmi les 10 pays, 5 sont en Afrique l’Ouest », rappelait le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr, à l’occasion du lancement de la campagne synchronisée de distribution de moustiquaires imprégnées entre le Sénégal et la Gambie.

Mais, malgré ce constat alarmant, le Sénégal peut littéralement s’estimer heureux, eu égard à ses performances. En effet, si le pays recensait plus d’un million de cas de paludisme par an dans les années 2000, il en est actuellement à moins de 300 000 cas par an, selon une source du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP). Ces prouesses salutaires sont maintenues sans bavure au cours de ces cinq dernières années (2013-2018) et traduisent par une baisse des indicateurs à plusieurs niveaux. A preuve, la mortalité proportionnelle liée au paludisme a connu une baisse record de 75%. Mieux, dans la même fourchette d’années, la mortalité due au paludisme chez les enfants de moins de 5 ans est passée de 11,15% (2013) à 1,5% (2017) soit une réduction de 87%. Cette tendance baissière se note également chez les femmes enceintes où la mortalité et la morbidité liées au paludisme sont passées de 78 à 56 %. Ces chiffres en disent long sur les exploits sénégalais. Mais, ils ne justifient pas, à eux seuls, cette belle embellie sénégalaise en Afrique.

En effet, une approche scientifique permet au PNPL d’être en étroite collaboration avec de grands scientifiques de l’université de Dakar, spécialisés dans le domaine du paludisme. Lesquels font des recherches et donnent des orientations au PNPL qui base ainsi ses interventions sur des éléments factuels. La lutte antivectorielle constitue également une stratégie privilégiée dans la lutte contre le paludisme. Au niveau opérationnel également, l’engagement sans réserve des médecins chefs de régions, des chefs de districts est un gage de réussite dans la lutte contre le paludisme. Les partenaires techniques et financiers ne sont pas en reste. Au cours des trois prochaines années, près de 20 milliards (32 millions d’euros) seront injectés par les partenaires.

Enfin, et par-dessus tout, il y a une volonté politique affirmée de la plus haute autorité politique du pays. Le président de la République dont l’engagement a été fortement salué par les acteurs, a récemment reçu un prix d’excellence par « ALMA » (alliance des leaders africains contre le paludisme).
Toutes considérations qui donnent au Sénégal suffisamment d’arguments pour atteindre l’élimination en 2030. Au préalable, les décideurs devront sans doute effacer ces quelques points noirs au tableau : la résistance des produits comme les ACT et les insecticides.

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