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L’Humanité face à pandémie du coronavirus (Contribution d’un juriste)

L’Humanité face à pandémie du coronavirus : Contribution d’un citoyen sénégalais

Par Adama NDIAYE, Juriste*

L’apparition brutale et soudaine d’une pandémie à l’échelle mondiale dont les conséquences sont incommensurables sur le devenir de l’humanité entière, doit nous inciter à une très profonde introspection. Assurément, l’enjeu est de taille puisqu’il s’agit fondamentalement de la survie de l’espèce humaine, face à cette tragédie historique à bien des égards.

Mais aussi et surtout, incontestablement, cette calamité a fini de démontrer, s’il en était encore besoin, que ce monde n’a qu’un seul Maitre : et c’est Dieu, le tout puissant.

Il me revient à l’instar de tous mes compatriotes, de saluer à leurs justes valeurs les efforts fournis par les plus hautes autorités de notre pays au premier rang desquelles son Excellence le Président Macky Sall ainsi que l’ensemble de son Gouvernement pour les mesures salutaires et idoines prises en vue de faire face à cette pandémie.

Je salue également la parfaite synergie de tous les acteurs politiques, de la société civile, des leaders d’opinion dont l’élan de solidarité spontané et le large consensus autour de cette question vitale ont permis de transcender leurs divergences et leur égo en démontrant de fort belle manière, que ce qui nous unit est plus important que ce qui nous divise.

C’est dans les moments difficiles, voire chaotiques que les grandes nations se forgent. Notre pays le Sénégal a encore montré à la face du monde, la grandeur et la maturité de son peuple.

Au demeurant, le corps médical de notre pays en étroite collaboration avec son Ministère de tutelle, a prouvé de par son expertise et son expérience, qu’il mérite respect et considération.

La nation entière lui est redevable ad vitam aeternam des sacrifices consentis. Le serment d’hypocrate qu’il a juré de respecter et de faire respecter trouve assurément toute sa raison d’être et sa pleine justification.

Les forces de Défense et de Sécurité dont principalement l’Armée, la Police, la Gendarmerie se sont également illustrées de belle manière, même si à juste raison on peut regretter certains dérapages.

Sans elles, l’applicabilité des mesures préventives et des directives de ce COVID- 19 serait problématique. Ces dignes et braves fils du pays méritent toute la reconnaissance de la nation.

La presse non plus n’est pas en reste. Baromètre des pulsions et des convulsions de la société, elle a illuminé les consciences collectives et individuelles, de par son talent inaltérable de toujours porter l’information à tous les segments de la société.

Avec elle, le monde est devenu une maison de verre, rendant audibles et visibles les différentes péripéties liées à l’évolution de cette pandémie. Elle a été admirable, et non moins remarquable à bien des égards, en bravant à ses risques et périls les intempéries liées aux servitudes de son noble métier.

A cette presse, patriote et pragmatique, et qui donne l’envie d’être journaliste, je rends un hommage solennel.

Cependant, avec le recul et une analyse sereine, on se rend compte que cette calamité est loin d’être un cas fortuit, loin s’en faut. En effet, il est indéniable que lorsque l’homme est assis sur des certitudes, sans de temps en temps, accepter de se remettre en cause, il est fort à craindre qu’il tombe sur des turpitudes, et hélas c’est bien le cas actuellement.

C’est ce qu’on a appelé jadis dans le jargon populaire « laisser guidon », puisque la pédale a cessé de fonctionner. Ce drame arrive par ailleurs, malheureusement à bien de nos dirigeants qui s’en rendent compte tardivement. « Le pouvoir rend fou et le pouvoir absolu rend absolument fou ».

En allant chercher l’arsenal préventif contre ce sale virus, dont entre autres des masques, du gel hydro alcoolique dans une pharmacie qui a pignon sur rue à Dakar, j’ai demandé de manière sarcastique, s’il n’y avait pas de gel qui nettoie les cœurs et les esprits puisqu’en réalité et fondamentalement ce sont principalement ces deux organes qui sont profondément malades et altérés.

En effet, dans notre pays et dans ce monde, la haine, la rancœur, la méchanceté, l’insécurité, la cupidité, la trahison et j’en passe ont fini de gangrener les sociétés.

Le pardon, la tolérance, la loyauté et la sincérité ne sont plus de mise dans bien des relations humaines.

Un monde disais-je, caractérisé par la prévalence du mal, où les plus forts marchent sur les cadavres des faibles. La recherche du gain facile, l’empressement des hommes et des femmes à obtenir tout de suite et maintenant ce qu’ils veulent, ont fait de nous de véritables adeptes du Machiavélisme où seul le résultat compte, et comme le dit une bien connue boutade « que le chat soit noir ou blanc pourvu qu’il attrape des souris ».

Or, nous sommes dans un monde où des innocents sont condamnés, des coupables blanchis, des faibles piétinés jusque dans leur dignité, un monde où « ceux qui font tout n’ont rien, et ceux qui ne font rien ont tout ».

Reconnaissons-le, tout de suite, cette crise liée à cette pandémie a fini de prouver que le véritable Maître du jeu est bien Dieu, le Tout Puissant. Il s’agit fondamentalement d’une crise ontologique c’est-à-dire une crise qui touche notre existence d’homme même pour reprendre la belle expression d’un philosophe bien de chez nous.

Jetons un regard pathétique sur les images qui défilent quotidiennement sous nos yeux avec la magie des médiums de communication avec leurs lots de morts et de personnes contaminées pour nous rendre compte enfin, de la toute relativité de la vie humaine.

Les grandes puissances mondiales, qui nanties des plus hautes technicités de la science et qui se croyaient à l’abri même d’une guerre bactériologique ou chimique et qui, jadis toisaient avec insolence et arrogance nos pauvres pays singulièrement Africains sont aujourd’hui ébranlés dans tous les sens du mot, courant partout comme ce fut le cas avec la bombe atomique qui a été larguée sur Hiroshima et qui a tout détruit sur son passage.

Il y a « un sauve qui peut général » qui met à nu toute la vulnérabilité de l’œuvre humaine. Nous sommes dans un monde où pour reprendre l’expression d’un célèbre littéraire « ceux sans qui, la terre ne serait pas la terre » sont hélas spoliés, exploités, terrifiés, persécutés, assassinés, emprisonnés et trahis.

L’argent a pris le dessus dans bien des cas sur la loyauté, la dignité, la solidarité, la fidélité, la franchise et j’en passe.

Sur le plan international, les instruments de coopération internationale sont transformés en moyen de vassalisation et de domestication de nos fragiles États. L’exemple du Printemps Arabe est là pour nous rafraichir la mémoire où des dirigeants du monde Arabe, adulés et élus par leurs peuples ont été humiliés, assassinés, torturés ou destitués par des forces étrangères devant une indifférence quasi générale. Il en est de même des foyers de tensions ou de guerre civile, entretenus à souhait par des puissances dominatrices dont le seul objectif était de faire main basse sur les ressources de ces États dont principalement le pétrole.

Au Moyen Orient, Israël au mépris du droit international, dans une totale impunité continue de tuer, de persécuter des Palestiniens sous le regard bienveillant et complice de ce « machin » de l’ONU pour reprendre la belle expression du Général DE GAULLE.

Le culte de l’avoir et du pouvoir gouverne la marche du monde.

Notre religion l’Islam est constamment agressée par des déprédateurs, des homosexuels, des Franc-maçon qui existent à des niveaux insoupçonnés à travers la planète. Avons-nous oublié un seul instant que, dans ce monde, on n’a pas un droit de propriété, mais bien un droit de jouissance, puisque le droit de propriété nous aurait permis d’emporter jusque dans nos tombes nos biens les plus précieux, y compris nos excellents luxes sur lesquels nous avons bâti notre éphémère existence. Une importante question me taraude l’esprit, mais diantre « qu’avons-nous fait qu’on aurait dû ne pas faire ? ».

Devrions-nous, à l’image du célèbre philosophe Grec Diogène « chercher avec une torche en plein jour un homme » au sens le plus noble et le plus humain du terme ?

Jetons un regard sur nos cimetières qui grouillent de personnes à jamais ensevelies sous terre, mais qui sont loin d’être « mortes » et qui se « cachent » à cause des innombrables problèmes de la vie, ainsi que les persécutions, les brimades, et autres intransigeances, et déceptions sur terre et qui ont fini de les convaincre d’aller « se reposer pour de bon », loin des regards et de la roublardise de leurs semblables, avec au moins l’espoir d’avoir un repos éternel en attendant « le Grand Soir ».

N’est ce pas Birago Diop qui disait « Les morts ne sont pas mort et ils sont bien parmi nous » ? Aujourd’hui, I ‘humanité entière regarde hébétée, ce branle-bas chaotique dont seul Dieu a la solution. Il suffit pour s’en convaincre de regarder les grandes capitales du monde où les villes sont transformées en villes fantômes avec un décor totalement métamorphosé où des milliers d’oiseaux et d’animaux ont fini de « conquérir » les places publiques et mythiques, délaissées par leurs occupants. Et c’est bien à se demander si « l’administration des animaux ne s’est pas substituée à celle du gouvernement des êtres humains » ?

La marche d’un nouvel ordre mondial est en train de dessiner ses contours, et nous devons, nous Africains, encore une fois au nom de la postérité, refuser d’être « Les dindons de la farce » avec la forte conviction que les États n’ont pas d’ami, ils n’ont que des intérêts.

C’est le lieu de saluer et de souligner les importantes mesures prise par la BCEAO pour soulager et minorer au mieux les impactés de cette pandémie aussi bien pour les Entreprises, personnes physiques ou morales. Il suffit pour s’en convaincre, de se référer à l’Avis N°005-04-2020 relatif au report d’échéance de créances des Établissements de crédit affectés par la pandémie signé par Monsieur le Gouverneur de la BCEAO. On n’en attendait pas moins de ce bel instrument de l’intégration Africaine eu égard surtout à son rôle de régulateur et de Gardien de l’orthodoxie financière, et du respect de la Réglementation bancaire dont elle en a la lourde responsabilité.

La mise en place d’un dispositif dénommé « COVID-19 », traduit, éloquemment, sa détermination à accompagner les banques et les clients dans ces moments difficiles avec des mesures d’accompagnement financière sans précédent.

Cette ligne de conduite est tout à fait conforme à sa mission, et à son rang. Mais à mon humble avis, la BCEAO gagnerait à être beaucoup plus intransigeante, puisque c’est à elle que revient la redoutable mission d’assurer, en toute circonstance, la stabilité financière et monétaire des États de l’Union.

Sous un passé relativement récent, elle avait pris dix-neuf (19) mesures particulièrement courageuses qu’elle avait imposées aux banques et au grand bonheur des usagers.

Il urge à mon avis de mettre en place un comité de suivi pour assurer l’exécution correcte de ses directives qui ont valeur exécutoire compte tenu de la gravité de la situation mondiale et l’extrême nécessité de protéger nos faibles entreprises et nos modestes revenus. On ne tire jamais sur une ambulance ai-je l’habitude de dire.

Il est heureux que l’Association Professionnelle des Banques et Établissements financiers s’inscrive dans cette dynamique de recherche de solution consensuelle, c’est tout à fait a son corps défendant. Par ailleurs, la BCEAO est suffisamment outillée pour prendre au besoin des mesures contraignantes à l’égard des banques réfractaires.

En ce qui concerne notre Pays, le Sénégal, des mesures sociales et financières sans précédent ont été prises par les autorités face à la gravité et à l’ampleur de la crise.

Monsieur le Président de la République vous avez mis beaucoup de baume dans le cœur de vos compatriotes, lorsqu’à la face du monde entier, vous êtes personnellement descendu sur le terrain pour superviser les opérations de transport d’aide alimentaire au bénéfice des couches vulnérables dont le sort est pathétique eu égard aux conséquences drastiques liées à cette pandémie.

Il me semble difficilement acceptable qu’en lieu et place d’un combat contre un seul adversaire, qu’est cette terrible et terrifiante catastrophe humanitaire, que le consensus largement salué soit ébranlé par des accusations et contre accusations des uns et des autres. Même s’il faut le reconnaitre, là où il y a du riz, les « oiseaux migratoires, les criquets pèlerins et les mange mil » rodent aux alentours, tels des voraces si l’occasion se présente, ils ne manqueront pas d’en profiter.

 

 

Il faudra à mon avis être particulièrement regardant, voire intransigeant par rapport à ces genres d’espèce pour éviter de mauvaises surprises qui porteraient une grave atteinte à la crédibilité de cette belle initiative.

Aujourd’hui, la priorité absolue, est de veiller à la mise en place des moyens de contrôle des unités de suivi qui sont crées afin de préserver vaille que vaille cette belle image d’un consensus en dépit des divergences somme toute normale, pour bien souvent des acteurs politiques ou civiles, qui déroulent chacun en ce qui le concerne, son agenda en fonction de ses ambitions politiques ou autres sous couvert d’un patriotisme souvent mis à rude épreuve par la réalité des faits.

Vivement que Dieu bénisse et sauve notre Pays le Sénégal où reposent d’illustres hommes de Dieu, et il nous tarde certainement d’avoir en bandoulière leurs sages conseils et leurs recommandations qui ont valeur prémonitoire et qui sont d’une déconcertante actualité.

Mes prières s’adressent également au monde entier, Musulmans comme Chrétiens qui vivent en parfaite conviviabilité dans le cadre du dialogue Islamo-Chrétien pour un monde de paix, de stabilité de solidarité et du culte du travail bien fait. Je souhaite prompt rétablissement à tous les malades et particulièrement ceux qui souffrent de ce COVID-19 j’adresse également mes condoléances les plus attristée aux familles des hommes et de femmes du monde entier victimes de cette pandémie.

Adama Ndiaye, ex-Conseiller Juridique de la Représentation de l’ASECNA au Sénégal. Il est spécialiste en Contentieux bancaire et Recouvrement des créances, et Professeur de Banque et de Droit Bancaire à l’ENSEPT

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