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INSECURITE AU SENEGAL : L’enfer chez les autres !

Viol, meurtre, vol et agressions de tout ordre. “La peur doit être dans le camp des malfrats”, disent souvent les autorités en charge de la sécurité, le chef de l’Etat en premier. Mais, par ces temps qui courent, plus qu’une simple peur, c’est la psychose chez les paisibles citoyens. Il ne se passe plus une seule journée – on a envie de dire une seule minute – sans qu’un innocent ne soit attaqué, violé, agressé ou tout simplement tué. Dans la banlieue dakaroise et dans les villes intérieures surtout, c’est l’escalade. Les pauvres populations ne vivent plus, elles ne dorment plus tranquillement à cause de cette insécurité ambiante qu’aucune mesure ne semble pouvoir freiner.

Pourtant des centaines de milliards sont mobilisés chaque année, des milliers d’hommes et de femmes et d’importants moyens logistiques déployés. Mais, malgré tout, l’insécurité règne et gouverne nos villes et nos campagnes. Une situation qui interpelle les autorités étatiques, le chef suprême des armées d’abord qui, à l’occasion des défilés civils et militaires, semble s’enorgueillir de ces moyens humains et matériels préparés à veiller sur la sécurité des personnes et de leurs biens. Face à cette situation, il est pertinent de se demander s’il n’est pas urgent de changer de paradigme, de méthode d’approche et prendre le mal par la racine.

En dehors de la pauvreté, quelles sont les autres causes de cette insécurité ? Comment en interpréter les signes et les prévenir ? Pourquoi les membres plus ou moins proches du régime sont au paradis alors que les populations vivent l’enfer de l’insécurité ? (Il est presque interdit de passer devant le palais et les maisons des “autorités”, leurs familles appartiennent à une “race bien protégée”). Pourquoi des centaines de policiers et gendarmes sont spécialement affectés chez les ministres et autres hauts fonctionnaires ? Quelle est l’utilité de ces centaines d’agents déployés pour “régler la circulation”, gérer la fluidité du trafic routier ? Pourquoi cinq policiers ou quatre gendarmes dans un giratoire ? Pour éviter le manque à gagner causé par les monstrueux embouteillages à Dakar ? Que valent ces milliards ces milliards devant les nombreuses pertes en vies humaines du fait de l’insécurité dans nos quartiers ? Autant de questions qui semblent insolubles pour le gouvernement et, seules les pauvres populations paient la mauvaise politique sécuritaire.

Au moment où le défi sécuritaire tourne autour de la lutte contre le terrorisme et les agressions connexes, il faut d’abord une meilleure prise en charge de la sécurité “primaire”. La peur doit effectivement changer de camp, elle doit habiter les agresseurs et autres voleurs. C’est un pan important de la sécurité globale et, échouer à ce niveau “inférieur” c’est déjà perdre tous les combats car, si “qui peut le plus peut le moins”, l’inverse est tout aussi vrai. Les sénégalais souffrent le martyr et le président de la République, élu pour améliorer leurs conditions d’existence, doit être à mesure de leur assurer un minimum de sécurité.

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