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ICS, le mal de Mboro

Les camions transportant des produits chimiques continuent de dicter leur loi à Mboro. Malgré les sorties incessantes des habitants pour exiger des autorités la construction d’une voie de contournement pour les gros porteurs, le problème reste entier.

Les camions qui transportent des produits des industries chimiques du Sénégal (ICS) de Mboro empêchent les habitants de dormir. En effet, en plus des produits toxiques nocifs comme le soufre et l’acide, les gros porteurs sont impliqués dans des accidents parfois mortels. Inquiet de la situation qui met en danger la population, Malick Ba de la plateforme « Mboro Sos », s’est confié à Alerte Quotidien, pour dénoncer les agissements des conducteurs de ces camions. « Depuis des années, la population de Mboro ne cesse de dénoncer le passage des camions des ICS qui transportent de l’acide et du soufre et les nombreux accidents mortels qu’ils occasionnent en pleine agglomération », renseigne cet habitat de Mboro. « Le passage trop intense de ces gros porteurs sur la route goudronnée de Mboro est dû aux travaux du TER ; ils prennent la route et traversent le marché avec tous les risques que cela peut engendrer », ajoute-t-il. M. Ba rappelle qu’entre 2018 et 2021 il y a plusieurs cas d’accidents avec au moins 5 pertes en vies humaines. Il rappelle une vielle doléance de « Mboro Sos » : la construction d’une voie de contournement pour le transport de produits dangereux.

Ce qui inquiète le plus à Mboro, ce sont les accidents qui sèment la panique dans cette localité : « Là où la situation a commencé à dégénérer, c’est quand on a constaté des cas d’accidents graves et récurrents qui ont causé beaucoup de morts et des blessés graves », déplore notre interlocuteur. « Des camions qui finissent leur course en dérapant dans le marché, dans des magasins causant des désagréments énormes. Ils déversent parfois beaucoup d’acide et du soufre le long de leur trajet dans le marché. Et pas plus qu’avant-hier (dimanche dernier, ndlr), on a constaté un incident car un camion transportant de l’acide et du soufre a pris feu. C’est extrêmement grave, cela a failli exploser et nous remercions le bon Dieu car il y a eu plus de peur que de mal », ressasse-t-il. M. Ba renseigne qu’en plus des désagréments que leur causent ces camions, l’implantation des ICS dans la zone des Niayes ne profite pas à la population de Mboro. « Les habitants de ladite localité sont on ne peut plus exposés car l’air pollué par les produits chimiques fragilise la santé des populations », dénonce-t-il. Malick Ba cite l’exemple d’un de ses amis originaire de Mboro, un expatrié qui a eu des soucis de santé à cause des produits chimiques inhalés quand il était au Sénégal. « Il m’a raconté qu’une fois arrivé aux Etats-Unis, il a fait une analyse et le médecin lui a demandé s’il vivait dans un milieu proche d’une quelconque industrie chimique, puisque les résultats de son analyse étaient visible à travers ses poumons. Ce dernier dit avoir automatiquement pensé à ces milliers de personnes qui y résident toujours », informe encore notre interlocuteur. Selon lui, la politique RSE des ICS ne peut en aucun cas résoudre ce problème de santé publique. « Il n’y a pas de cadeau plus précieux que la santé même si la RSE vise à compenser les dégâts des entreprises via une bonne politique basée uniquement sur la bonne volonté. Il serait à propos de soulever un point crucial sur la politique de RSE qui n’a d’ailleurs aucun caractère coercitif », dénonce-t-il. Très déterminés dans la lutte contre cette manière d’agresser la population de Mboro, Malick Ba et ses camarades ne comptent pas baisser les bras et se disent décidés à faire face à l’entreprise. « L’organisation internationale des normes (OIN) évoque plus de responsabilité que de justiciabilité, ce qui laisse entendre que le pouvoir local n’est pas juridiquement outillé pour mener la moindre bataille mais le pouvoir civil est légitimement engagé pour freiner l’injustice fatale que les ICS font subir à la population », fait-il savoir.
Malick Ba n’a pas manqué de rappeler qu’ils n’ont de cesse d’alerter les autorités qui tardent toujours à apporter une solution à leurs multiples doléances. « Nous avons beaucoup alerté les autorités mais elles n’accordent pas beaucoup d’importance sur nos problèmes », regrette-t-il.

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