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IBRAHIMA SÈNE RESCAPÉ DU COVID-19 : “J’ai pris 36 comprimés de chloroquine”

Il a préféré parler à visage découvert. Interrogé par nos confrères dakaractu à Touba, Ibrahima Sène, le vigile du marché Ocass qui est finalement sorti de l’hôpital où il était interné après avoir chopé le Coronavirus revient de loin. Il le dit sans ambages : pendant deux longues et interminables semaines, ce vigile a vécu les plus durs moments de sa vie. Retrouvé à Darou Manane, non loin des rails, le 14 avril dernier,
le sieur Ibrahima Sène était atteint de Covid-19 mais ne le savait pas. Au contraire, dit-il, “je prenais mes précautions et j’étais certain que je n’étais pas infecté”.

Le vigile explique qu’il est tombé malade le 11 avril dernier mais, ne s’en est rendu compte que trois jours plus tard. Ce jour, vers 20 heures, il alors qu’il n’en pouvait plus, Ibrahima Sène décide d’appeler un de ses amis, policier de son état. A son tour, celui-ci informe la Croix Rouge qui viendra quelques minutes plus tard récupérer le patient qui sera finalement diagnostiqué positif au Covid-19.

Revenant sur les péripéties de sa maladie, il explique : “C’est le 14 avril que j’ai senti que rien n’allait plus. Je suis allé à la pharmacie me procurer du paracétamol et de la terpine codéine que je prends souvent pour arrêter la toux. Ensuite, j’ai pris de la soupe à deux reprises mais, je continuais de tousser. C’est en ce moment que je me suis dit que j’avais peut-être le coronavirus, surtout que je travaille dans un endroit très fréquenté. Je suis chargé de veiller à la sécurité du centre commercial. Et, parfois je suis obligé d’enlever mon masque et les gants que je porte depuis le début de la pandémie, pour en découdre avec les vendeurs ambulants qui proposent des téléphones portables dans ledit centre alors que c’est interdit”.

Une fois au centre de traitement, Ibrahima Sène qui a été interrogé sur ses contacts dit avoir retracé tout son itinéraire. Mais, cet esprit collaboratif avec les services sanitaires n’a pas plus à son employeur qui selon lui, ne croit pas à l’existence du coronavirus. “J’ai d’ailleurs arrêté de travailler pour lui”, précise le vigile.

Evoquant le traitement qui lui a sauvé la vie, il dit avoir pris “36 comprimés de chloroquine et d’autres médicaments notamment pour arrêter la diarrhée qui accompagnait sa maladie”. “Le traitement ont duré du 15 au 26 avril”, se rappelle Ibrahima Sène qui précise qu’il vit seul dans sa chambre et qu’il a toujours respecté les mesures de prévention, si bien qu’il n’a contaminé aucun contact.

Néanmoins, Ibrahima Sène commence à subir les effets de la stigmatisation. A preuve, son ami qui lui avait sous-loué une chambre l’a informé de la volonté de leur bailleur de les répudier. Mais, après vérification, le vigile découvre que son ami lui a menti. Le bailleur n’a jamais manifesté cette volonté. Mieux, “il n’était même pas au courant de ma maladie”, précise Ibrahima Sène qui se dit être prêt à faire face à toute forme de stigmatisation.

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