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Hôpital Le Dantec : Une interruption des activités de soins envisagée

Battre le fer quand il est encore chaud. Voilà sans doute la stratégie adoptée par les chefs de services de l’hôpital Aristide Le Dantec, regroupés au sein de la commission médicale d’établissement (CME), sous la présidence du professeur Alain Ndoye. Alors que l’on épilogue encore sur « l’affaire Astou Sokhna », les membres du CME de l’HALD, étalent les maux dont souffre cette structure sanitaire de niveau 3 qui, d’hôpital, n’a plus que des murs et une peinture délabrée. Avant leur conférence de presse tenue hier, ils avaient, la veille, fait état de la « nécessité d’interrompre très prochainement les activités de soins » dans cet hôpital.

Centre d’excellence, de référence et noyau de la formation, à ses débuts, l’hôpital Ariste Le Dantec est devenu méconnaissable aujourd’hui. La vétusté de la structure expose les 90 praticiens, 3000 étudiants, 2500 usagers et autres infirmiers et agents qui fréquentent ou travaillent dans l’établissement. Les différents bâtiments de cet hôpital – qui a fêté ses 100 ans en 2012 – menacent ruine. Toutes choses qui ont poussé la CME services à sortir de sa réserve. Lors d’une rencontre avec la presse hier, le professeur Alain Ndoye et ses collègues ont d’abord rappelé que « depuis l’année 2005, un travail acharné de tout le personnel médical et paramédical avait abouti au projet d’établissement 2014-2018, validé et arrimé à un projet de reconstruction de l’hôpital sur le même site et en mode phasage ». Dans cette perspective, une maquette et un plan architectural ont été validés pour un coût global de 60 milliards de francs CFA. Présenté au président Macky Sall en 2014, le projet avait même été « intégré dans le plan Sénégal émergent (PSE) », précise le professeur Madieng Dieng. Mais, depuis, la situation est restée à son niveau antérieur. D’où la sortie des chefs de service de l’hôpital qui ont tenu à interpeller le chef de l’Etat sur l’urgence d’agir. Selon eux, du fait du retard noté dans la reconstruction, le projet d’établissement est, actuellement, en cours de réactualisation. Cette mise à jour du projet coïncide avec un « besoin croissant » d’adapter les équipements médico-techniques aux progrès et innovations technologiques contemporains. « C’est d’ailleurs un des objectifs de ce projet à savoir le relèvement du plateau technique pour permettre aux praticiens d’exercer pleinement leur art et par ricochet, réduire le coût excessif des évacuations sanitaires », renseigne toujours le chirurgien.
Pour rappel, l’hôpital Aristide Le Dantec dispose d’une trentaine de spécialités (médicales, chirurgicales, et d’aide au diagnostic). La structure possède l’un des plus gros potentiels de ressources humaines sur le plan médical de l’Afrique de l’ouest et du centre. Mais, comble de paradoxe, il est dans un état de décrépitude avancé.

« Interrompre les activités de soins »

Avant le professeur Dieng, le président CME, Pr Alain Ndoye avait averti que « dans un hôpital de référence, il (leur) est impossible de réaliser en urgence certaines analyses biologiques de base ». Dans la même veine, il révèle que le seul scanner de l’hôpital est en manne depuis deux mois. Pire, « certains services menacent de s’écrouler », entrainant un « mécontentement » perceptible chez les usagers qui se retournent contre les praticiens et autres agents paramédicaux. Toujours dans ses propos, le professeur Alain Ndoye rappelle : « Même si on ne peut pas garantir la guérison à tous les patients qui fréquentent l’hôpital, notre responsabilité est de nous assurer que les moyens mis à notre disposition sont suffisants pour la prise en charge d’un patient en situation d’urgence ou non. Nous avons donc le devoir d’avertir lorsque l’absence de moyens met en danger les patients d’abord et l’équipe médicale ensuite », a-t-il conclu.

Modernisation des hôpitaux et centres de santé

Comme pour répondre aux doléances de la CME de l’hôpital Aristide Le Dantec, le président de la République a saisi l’occasion de la réunion du conseil des ministres pour insister sur la nécessité de la modernisation des hôpitaux et centres de santé. Sur ce point, renseigne le communiqué du conseil des ministres, le chef de l’Etat demande, au ministre de la santé et de l’action sociale, « d’intensifier le programme de dotation des structures sanitaires départementales, régionales et nationales, d’équipements d’imagerie médicale de dernière génération en veillant à la maintenance adéquate du matériel et à son exploitation optimale à la satisfaction des patients et des personnels de santé dédiés ». « Le Chef de l’Etat invite également le Ministre de la Santé à veiller à l’amélioration qualitative de l’accueil et de l’accompagnement professionnel des patients dans les structures sanitaires », a ajouté la même source.

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