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Diagnostic et suivi légers, facteurs d’un drame permanent au Sénégal

Hier c’était les milliers de morts du bateau Le Joola et les broyés en partance ou de retour d’évènements religieux. Ce week-end un autre drame de la route, le « plus meurtrier » a, encore, fait versé des larmes, élevé les voix et poussé à s’engager pour « plus jamais çà » ! Des décisions en haut lieu et « conseil interministériel » qui seront sans effet, tant que le diagnostic et le suivi ne seront pas sérieux et systématiques. Ce sont les faits passés et récents qui le « décrètent ».

Le 26 septembre 2002, chavirait aux larges des côtes gambiennes, le bateau le Joola. Ce ferry qui assurait la desserte maritime Dakar-Ziguinchor était fort prisé par les Sénégalais. Moyen de locomotion moins onéreux et plus sûr que la longue route, objet parfois de guet-apens tendus par des « rebelles » et autres coupeurs de route, les surcharges du Ms Joola finirent par devenir la routine. Ce qu’il ne fallait pas. L’erreur motivée par la cupidité finit par imposer son prix : Le naufrage du Joola avait fait près de 2000 victimes, de toutes les couleurs humaines. Ce fut la catastrophe maritime la plus meurtrière dans l’histoire. Avec cet accident c’est tout un peuple qui était dans l’émoi. Et les interrogations sur les causes fusaient de partout. Des sanctions et des mesures drastiques étaient réclamées. C’était pour qu’un drame provoquée par la cupidité et le laisser-aller ne se répète plus jamais au Sénégal. Car, l’une des causes principales de ce drame était la surcharge du navire. C’était connu de tout le monde, le bateau le Joola transportait plus qu’il ne pouvait contenir. Les autorités avaient pourtant laissé faire jusqu’à ce que l’irréparable se produise.

Le président d’alors, Me Abdoulaye Wade déboussolé avait brandit le bâton. Deux jours après le naufrage, il fit une déclaration dans laquelle il soulignait les causes du drame. Selon ses termes : il s’agissait d’un « cumul de fautes graves ». Et avait sommé son ministre des transports de l’époque, Youssouf Sakho de produire immédiatement un rapport. Sans tarder, ce dernier s’exécuta et déposa en même temps sa lettre de démission. Ainsi, il va s’en suivre une série de sanctions administratives. Car dès le 14 octobre de la même année, le chef d’Etat-major de la Marine nationale, le colonel Ousseynou Kombo, est relevé de ses fonctions. Toujours le pied sur la pédale, le président Wade démet le 4 novembre 2002, son Premier ministre Mame Madior Boye de ses fonctions. Par ailleurs et entre autres mesures, la surcharge des transports en commun était formellement interdite. Et l’on se rappelle de certaines scènes de réprimandes. Des policiers qui sommaient des passagers à descendre d’un véhicule plein à craquer et qui à l’occasion écopaient d’une amande. Des mesures qui étaient salutaires mais qui n’ont pas fait long feu. 

Les drames de Nioro en février 2018 et récemment celui de Kaffrine

Les faits sont têtus. Le drame survenu, dans la nuit du samedi au dimanche ravive encore les mémoires et tensions. Il faut se rappeler de cet autre qui a eu lieu dans la région de Kaolack plus précisément dans le département de Nioro. Ce 21 février 2018, deux véhicules étaient entrés en collision.  Et cet accident avait fait 11 morts. L’un était en partance vers Porokhane alors que l’autre revenait de cette même cité religieuse.

Aux premières heures de cet accident les réactions étaient vives. Beaucoup avaient réclamé à l’Etat d’interdire le transport de nuit. Venu aux chevets des blessés admis à l’hôpital El hadji Ibrahima Niass de Kaolack, le ministre des transports de l’époque Abdoulaye Daouda Diallo, a été ferme sur la question. « Nous avons décidé dans les semaines à venir, d’interdire toutes les circulations interurbaines entre 22 heures et 6 heures. C’est une mesure qu’on va nécessairement prendre pour réduire les accidents », avait-il déclaré. Dans une démarche plus rigoureuse, il avait également annoncé la mise en place du permis à points.

Son successeur de l’époque à la tête de ce ministère, Mansour Faye (après que ADD ait été nommé ministre des finances) avait, lui aussi, la même ambition : réguler le secteur du transport. Qui selon Mansour Faye était plombé par l’indiscipline et la vétusté du parc.  Depuis, aucun acte allant dans ce sens n’a été posé, les voyages de nuits continuant de plus belle. L’Etat craignant la tranchante épée des syndicats de transporteurs a préféré faire un rétropédalage. De ce fait, c’est un peuple qui croupit sous le diktat des transporteurs.

Aujourd’hui c’est la même rengaine que l’on a entendue à Kaffrine.  Le président Sall après avoir décrété 3 jours de deuil national, s’est rendu à Kaffrine aux chevets des blessés. Ministre de l’Intérieur du Président Wade, Macky avait assuré que s’agissant des accidents et autres légèretés dans le domaine du transport public, ce sera « tolérance 0 » ! Devenu président de la République, le mal persiste avec plus de ravages. Faute de diagnostic et de suivi sérieux et systématique ? C’est comme qui dirait que c’’est là l’origine et la solution du énième accident survenu à Sikilo du Sénégal.

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