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«Beaucoup de praticiens ne savent pas que l’AVC est possible chez l’enfant» (Médecin)

Ils sont certes plus fréquents chez les personnes âgées et les adultes, mais les AVC n’épargnent pas les enfants. Ces derniers peuvent en être victimes et subir les lourdes conséquences de cette maladie qui peut engendrer de sérieuses perturbations chez eux, tant sur le plan intellectuel que sur le plan moteur. Neuropédiatre au CHU de Fann et à l’hôpital Albert Royer, le professeur Moustapha Ndiaye confirme.

« Il n’y a pas de chiffres de prévalence, ni d’incidence, mais à partir de statistiques hospitalières, on sait que c’est une réalité ».
A l’échelle mondiale, il y a selon les pays, 3 à 13 AVC pour 100 000 enfants. Rapportée à la population du Sénégal où plus de la moitié de la population a moins de 15 ans, la proportion des AVC dans le pays est assez élevée. Si bien qu’ils constituent « l’une des 10 premières causes de mortalité chez l’enfant », révèle le professeur Moustapha Ndiaye. Il est ainsi évident que contrairement à une idée répandue, les AVC n’épargnent aucun âge.

Au plateau technique disponible. Techniquement, la prise en charge ne présente pas de difficultés majeures, rassure le professeur Ndiaye. A l’entendre, s’il y a des difficultés, elles se situent plutôt en amont. « Beaucoup de praticiens, en particulier les paramédicaux, ne savent pas que l’AVC est possible chez l’enfant », révèle-il. Pour l’essentiel, ces paramédicaux peuvent ne pas avoir la célérité d’action nécessaire dans le cadre des urgences. Ainsi, le message simple, c’est que chaque fois qu’un enfant a une paralysie brutale, il doit être orienté, le plus rapidement possible, dans une structure appropriée, notamment un service de pédiatrie générale ou un service de neurologie où il peut être pris en charge correctement.

La prise en charge de l’AVC chez l’enfant comporte deux volets. Une prise en charge dans l’urgence qui consiste à préserver son pronostic vital et fonctionnel. « Il faut faire en sorte que l’enfant ne meure pas et, le cas échéant, qu’il recouvre totalement ses capacités. A défaut, il faut réduire les séquelles au minimum », enseigne le professeur Ndiaye. Après cette phase d’urgence, il y a une prise en charge secondaire qui dépend de la cause de l’AVC. Ainsi, si l’accident est causé par une cardiopathie, la victime doit être mise sous anticoagulant à vie. Par contre, les enfants dont l’AVC est causé par une drépanocytose doivent être pris en charge toute leur vie durant notamment par une transfusion sanguine répétée. Dans les deux cas, il leur faut une surveillance étroite.

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