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BANDE DE FILAOS DE GUEDIAWAYE : Quand les scandales fonciers enterrent les cimetières

Guédiawaye est le seul des quatre départements de la capitale à ne pas disposer de cimetières. Une situation que Bocar Sadikh Kane, alors maire de la ville avait voulu corriger. En 2009, l’idée du projet est née : sur la bande de filaos de la commune de Wakhinane Nimzatt est prévue la construction de deux cimetières sur une superficie globale de 14 hectares. Mais, 10 ans après, les cimetières de Guédiawaye risquent d’être enterrés par un scandaleux partage de ‘’Buki’’ (l’hyène) autour de la bande des filaos.

Rattaché au département de Pikine depuis sa création en 1972, la ville de Guédiawaye a connu son émancipation en février 2002 avec son érection en département. Un statut quasi naturel pour cette banlieue dont la poussée démographique bat les records. Mais, Guédiawaye a grandi sans cimetières. Les populations sont ainsi obligées d’enterrer leurs morts à Pikine, Yoff, ou hors de Dakar pour les musulmans et au cimetière Saint-Lazare de Béthanie pour les catholiques.

En 2009, Bocar Sédikh Kane, devenu maire de ville, initie un grand projet pour corriger cette anomalie. L’une des emprises de la commune de Wakhinane Nimzatt, située sur la bande des filaos, est ainsi retenue pour abriter les deux cimetières de Guédiawaye. A cet effet, 14 hectares sont octroyés par le Ministère de l’Environnement à la Ville de Guédiawaye. La répartition confère 8 hectares aux musulmans, 4 aux chrétiens et 4 autres sont réservés aux zones de servitude : une mosquée, une morgue, un garage et un bureau, entre autres. Aussi, deux voies d’entrée et de sortie, bitumées, sont prévues pour faciliter l’accès sur ce site particulièrement sablonneux. Mais, en 2009, le maire libéral initiateur du projet, sera emporté par la défaite de sa coalition lors des élections locales de mars. Chérif Macky Sall, un socialiste, prend le relais avant d’être emporté par une courte maladie.

Le 8 juin 2011, Cheikh Sarr, élu maire en remplacement de feu Chérif Macky Sall, assure la continuité de l’institution. La ville de Guédiawaye maintient et poursuit le projet. Mieux, la pose de la première pierre est effectuée le 13 décembre 2013, en présence des autorités administratives, religieuses, politiques et coutumières du département.

Première brèche sur le mur

Très attendu par les populations, le projet présentait néanmoins une tare congénitale. Autorisée par le Ministère de l’Environnement sur ce site classé, la construction d’une centaine d’habitations à quelques encablures des cimetières ouvrait la porte à toutes les dérives. Profitant de cette extension du projet, des promoteurs véreux, en intelligence avec de gros bonnets du milieu politico-affairiste, se lancent dans une vaste course au bradage de cette bande de filaos. Ainsi, les 14 hectares prévus au départ sont très vite consommés et, avec le prolongement de la VDN qui passe par le littoral, l’extension de la zone s’est faite à la vitesse de la lumière. En un rien de temps, des promoteurs surgissent de nulle part, revendiquent des terres déclassées non loin du site réservé aux cimetières et commencent à céder des parcelles au nez et à la barbe des autorités de la ville. Si bien qu’entre le déclassement du site et l’autorisation de construire les cimetières, les terrains à usage d’habitations poussent comme des champignons. Les litiges fonciers aussi…

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