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AFFAIRE SWEET BEAUTÉ : Voici la plainte de Me Dior Diagne contre Mes Bamba Cissé et Papa Samba So

Monsieur le Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal
Dakar SENEGAL

OBJET : Plainte contre Me Bamba CISSE et Me Papa Samba SO pour manquements aux règles de la profession d’avocat

Monsieur le Bâtonnier et cher confrère,

Je viens par la présente, après vous avoir informé du différend et conformément à l’article 24 du Règlement intérieur, porter plainte formellement contre mes confrères Maitres Bamba CISSE et Papa Samba SO pour les faits suivants :

Le vendredi 12 février 2021 dans le cadre d’échanges sur l’affaire Adji Sarr/Ousmane Sonko, j’ai reçu d’un ami un message transféré ;

Me Bamba CISSE, avocat constitué de Ousmane Sonko, avec qui j’avais conversé quelques minutes auparavant, a été également destinataire dudit message ; message qu’il avoue avoir transféré à son client poursuivi pour viols répétitifs et menaces de mort.
Pour l’avoir lu et bien lu, vous n’êtes pas sans savoir Mr le Bâtonnier que ce message n’émane pas de moi et, plus cocasse encore, il y est dit que « Pour des raisons de stabilité sociale, on doit éviter à Ousmane Sonko la prison » ;

C’est ce message qui a été brandi par celui-ci lors d’une conférence de presse tenue courant février, comme étant la preuve du « complot » ourdi contre lui par le Président de la République et le ministre de l’intérieur du Sénégal.

C’est ce même message qui a été brandi par les députés de l’opposition comme preuve du complot contre Ousmane Sonko pour refuser la levée de son immunité parlementaire ;

J’ai été considérée par l’opinion publique ou à tout le moins une partie, comme un acteur déterminant dans le prétendu « complot » contre Ousmane Sonko ainsi que la responsable de tous les évènements dramatiques qui ont eu lieu sur le territoire national.
La conséquence a été immédiate sur ma personne et sur les membres de ma famille, en termes d’insanités, insultes et menaces de mort, parce que c’est concomitamment que les réseaux sociaux au Sénégal et dans la diaspora ont déclenché leur matraquage permanent. Alors qu’aujourd’hui, pour avoir convoqué dans votre bureau et écouté tous les protagonistes, vous savez vous-même, monsieur le Bâtonnier, que je n’ai posé aucun acte dans l’affaire Adji Sarr/Ousmane Sonko.
Me Bamba Cissé n’a pu fournir aucune réponse aux multiples questions que vous lui avez posées ;
Il nous a quitté en prenant l’engagement d’aller directement parler à son client pour rétablir la réalité des faits mais force est de constater que non seulement il n’en a rien fait mais Ousmane Sonko a continué à faire de ce « sms » la preuve d’un soi-disant complot ;
En effet, suite à l’entretien tenu en votre cabinet le samedi 6 mars 2021, en ma présence et en celle de mon confrère Papa Samba SO, il est sorti de ses propos :

– qu’il est l’auteur de la plainte (de Adji Sarr) qu’il a d’ailleurs reçue en son cabinet, à l’occasion ;
– qu’il n’a pas jugé bon de communiquer sur la question car, toujours selon lui, dès les premières heures de la plainte, aussi bien Ousmane Sonko que ses avocats savaient parfaitement qu’il était l’auteur de la plainte contre lui;
– qu’il vous a déclaré, sur votre interpellation, qu’Ousmane Sonko et ses avocats ont volontairement choisi de ne pas dire à l’opinion que lui, Me Papa Samba SO, est bel et bien l’auteur de la plainte pour au moins deux raisons :

1/ Ousmane Sonko a préféré établir la thèse du complot en me désignant comme l’auteur de la plainte de Adji Sarr contre lui, et ceci dans le but bien calculé de créer un lien entre les faits qui lui sont reprochés, le ministre de l’intérieur et le président de la République ;
2/ Ousmane Sonko ne voulait en aucune façon que cette affaire reste une affaire privée et personnelle entre lui et Adji Sarr.

J’ai eu à rappeler lors de cet entretien que :

– Je n’ai jamais vu Adji Sarr, ne la connait pas, ni même ne connais quelqu’un qui la connait ;
– Je n’ai jamais vu Sidy Ahmed Mbaye, ne le connait pas, ni même ne connais quelqu’un qui le connait ;
– Je n’ai jamais vu Ousmane Sonko, ne le connait pas, ni même ne connais quelqu’un qui le connait ;
En somme, je ne connais aucun des protagonistes de cette affaire dans laquelle je n’ai posé aucun acte comme il en est ressorti de notre entretien.
Ces actes et comportements de mes deux confrères violent nos règles et sont constitutifs de fautes professionnelles que l’Ordre des avocats ne peut ne pas sanctionner.
Me Bamba Cissé a violé le secret de la correspondance et des pourparlers, de même que les règles de loyauté et de confidentialité des échanges entre avocats, prévus et réprimés par l’article 44 alinéa 1 du Règlement
N°5/CM/UEMOA, l’article 22 du Règlement d’Exécution sur la déontologie des avocats et les articles 39-2 et 40-1 du Règlement intérieur de notre Barreau.
C’est par la suite que j’ai compris qu’il voulait apporter des éléments supplémentaires, probant ou non, à son client pour étayer leur thèse de « complot politique » ;
Les articles précités disposent :
Article 44 alinéa 1 du Règlement N°5/CM/UEMOA : « L’avocat, en toute matière, ne doit commettre aucune divulgation contrevenant au secret professionnel ».

Article 22 Règlement d’Exécution sur la déontologie des avocats : « A l’égard de ses confrères, l’avocat veille en toute circonstance, au respect des règles de loyauté et de confraternité ».
Article 39-2 du Règlement intérieur de l’Ordre des avocats : « Il (le secret) couvre toutes les matières dans le domaine du conseil, celui de la défense et quels qu’en soient les supports matériels ou immatériels. Ainsi en est-il :
Des consultations adressées par un avocat à son client ou destinées à celui-ci ;
Des correspondances échangées entre le client et son avocat, l’avocat et ses confrères ;
Des note d’entretien, et plus généralement, de toutes les pièces du dossier, toutes les informations et confidences reçues par l’avocat dans l’exercice de la profession ».
Article 40-1 : « Tous les échanges entre avocats, verbaux ou écrits, quel qu’en soit le support, sont de nature confidentiels ».
Me Papa Samba SO a violé nos règles, notamment l’article 22 précité du Règlement d’Exécution sur la déontologie des avocats, en ayant un comportement aux antipodes de la loyauté et de la confraternité, principes essentiels de notre profession d’avocat.
Plus grave, ces manquements ont mis en péril la vie d’un confrère et de sa famille.
Je porte à votre attention ces faits, qui constituent de graves violations du serment de l’avocat, pour suite adéquate à donner.
C’est l’occasion pour moi de vous préciser que j’entends aussi donner une suite pénale aux agissements de Me Bamba Cissé et pour ce faire, profite de la présente pour solliciter votre autorisation, conformément à nos règles.
Dans cette attente, vous prie de croire, monsieur le Bâtonnier, en l’assurance de mes sentiments respectueux, confraternels et dévoués.

(Source L’observateur)

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