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Affaire Pape Alé Niang : La défense s’élargit

24 heures après l’arrestation de Papa Alé Niang, les appels se multiplient au Sénégal et ailleurs pour exiger sa libération. Ousmane Sonko, Aminata Touré, Seydi Gassama et Edwin entre autres, ont ajouté leur voix au concert d’indignation suite à cette affaire qui, par ailleurs, a suscité une vaste mobilisation des acteurs de la presse.  

Les messages se suivent et se ressemblent chez les acteurs de la presse, les membres de la société civile et certains acteurs politiques. Une indignation de plus en plus vague, élargie pour ainsi dire la ligne de défense du journaliste Papa Alé Niang, poursuivie pour « propagation de fausses nouvelles », entre autres chefs. Pour Seydi Gassama, cette arrestation « constitue une grave menace contre la liberté de la presse ». « Le rôle d’un journaliste d’investigation c’est d’enquêter et d’exposer au public des actes présumés de mal gouvernance politique, économique et financière », écrit le directeur d’Amnesty international Sénégal.

Rappelant que ce travail fait par Pape Alé Niang – le même travail réalisé récemment par un consortium international de journalistes d’investigation sur le contrat d’achat d’armes du gouvernement sénégalais – est « essentiel pour les citoyens dans un Etat démocratique », M. Gassama décrète que ce genre de travail soit « protégé ». Mieux, poursuit-il : « Toutes les lois qui permettent à l’Etat de réduire au silence les journalistes d’investigation, les lanceurs d’alerte et les activistes qui exposent les actes de mal gouvernance et les atteintes aux droits humains doivent être abrogées. Les graves accusations portées contre des membres du corps de la gendarmerie nationale et celui de la magistrature ne devraient pas être écartées par un simple démenti. Des enquêtes judiciaires et parlementaires devraient être ouvertes pour faire toute la lumière ».

Le représentant d’Amnesty international sera rejoint dans sa plaidoirie par notre confrère Edwy Plenel selon qui, l’arrestation d’un journaliste n’est jamais bon signe. « C’est s’en prendre à la liberté d’enquêter de la presse dont le devoir est de révéler les faits d’intérêt public que les pouvoirs cachent à leurs concitoyens », Selon le président et co-fondateur de Mediapart. Dans la même lancée, un autre défenseur des libertés, Alioune Tine, invite les magistrats à ne pas se tromper de cible. Pour l’ancien président de la rencontre africaine de défense des droits de l’homme (Raddho) : « Dans un état de droit quand un journaliste d’investigation dévoile une information cachée (…) le juge se penche sur le message et son contenu et non sur le messager qu’on essaye de faire taire ». Même son de cloche chez Mme Aminata Touré selon : « Notre démocratie a dépassé le stade d’arrestation de journaliste dans l’exercice de sa fonction. Pape Alé Niang doit être libéré immédiatement ».

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