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PRESSENTI AU POSTE DE PM : Antoine Diome, le survivant désigné !

PRESSENTI AU POSTE DE PM : Antoine Félix Diome, le survivant désigné !

 L’ambiance était lourde à la salle des banquets où se tenait mercredi dernier, la première réunion du Conseil des ministres après le vote du dimanche 31 juillet. Aux membres de son Gouvernement, le chef de l’Etat a adressé ses remerciements et donné une excellente note au ministre de l’intérieur ‘’pour la bonne organisation’’ du scrutin dont l’issue marque un grand tournant dans son second mandat. Si ses ‘’lieutenants’’ lui ont ramené la victoire, c’est bien à la Pyrrhus, avec des performances historiquement modestes. Il va falloir alors tout reprogrammer, remanier et, très vite, choisir un nouveau chef pour le Gouvernement pour explorer des perspectives de survie avant l’échéance 2024. Pour plusieurs raisons, ce Pm pourrait bien s’appeler Antoine Félix Abdoulaye Diome.

Le chef de l’Etat, saluant la bonne organisation des élections, n’a fait qu’authentifier ce que les observateurs nationaux et internationaux avaient déjà constaté. Le Sénégal a confirmé sa légendaire réputation en matière de tenue des élections. Antoine Félix Diome a donc eu la chance « d’être à la bonne place, au bon moment ». Ministre de l’intérieur depuis novembre 2020, il a réussi sa deuxième élection à la tête de ce département à polémiques. Hormis quelques irrégularités sans impact réel sur le scrutin – comme cela se passe d’ailleurs dans toutes les démocraties –, ces Législatives ont été une réussite en termes d’organisation. Si bien que l’opposition elle-même ne s’en est plainte outre mesure. Chapeau alors, Monsieur Antoine Félix Abdoulaye Diome ! Qui, lentement mais très surement, continue sa marche vers le sommet. Déjà, ce magistrat, semble bien tisser la toile qui le mènera à la Primature. Il devra juste boucler cette dernière mission qui l’a rattrapé en cours de route : la gestion du plan Orsec, déclenché vendredi dernier à la suite des fortes précipitations qui ont littéralement noyé la capitale sénégalaise.

Révélé par la traque des biens mal acquis

Pressenti Premier ministre ‘’bien avant’’ les Législatives, selon certaines sources, il facilite la tâche au ‘’Boss’’ qui, a désormais les coudées franches pour tenir cette promesse. Plusieurs arguments, récents et antérieurs, conspirent en faveur du natif de Khombole. N’ayant jamais milité dans un camp ou dans un autre, il n’a aucun antécédent politique avec l’un quelconque des ténors de l’Alliance pour la République (Apr), surtout dans le cercle des rares ‘’survivants’’ des élections Législatives de dimanche dernier, qui pourraient légitimement réclamer le manteau de PM. Mieux encore, Antoine Diome est entré dans les bonnes grâces du président Macky Sall dès les premiers mois de son arrivée au pouvoir, en 2012. A l’époque, ce jeune magistrat humble inconnu du grand public, s’était révélé au sénégalais comme l’un des éléments clés de la politique de reddition (ou de règlement) des comptes, initiée par le président Sall, sous la conduite du ministre de la justice d’alors, Aminata Touré. Alors qu’il fallait réanimer la cours de répression de l’enrichissement illicite (Crei), Antoine Félix Diome, âgé d’à peine 38 ans, manifeste son intérêt pour le Parquet de cette Cour spéciale. Sa candidature ne pouvait passer inaperçue, eu égard à une carrière plutôt atypique qui lui donnait presque toutes les chances d’être retenu. Parquetier, spécialisé dans la lutte contre le blanchiment de capitaux, il avait le profil de l’emploi. Antoine Diome fut alors désigné substitut du Procureur spécial de la Crei, Alioune Ndao. Mais, le décret 2012-679 du 6 juillet 2012 portant sa nomination fut attaqué devant la Cour suprême qui décida de son annulation au motif que Diome n’avait pas le grade requis (2e grade, 1er groupe) pour la fonction. Le chef de l’Etat se plie légèrement à cette décision de justice avant de revenir à la charge avec un autre décret, pris le 30 janvier 2013.

Cette fois, le magistrat Diome avait bien le titre et le grade requis. Cette barrière à l’entrée rapidement levée, il entre librement à la Crei. Procureur en second, l’ironie de l’histoire le hissa très vite au-devant de la scène après le limogeage express de son « N+1 », Alioune Ndao, remplacé par un Cheikh Tidiane Mara. Ce dernier n’ayant pas eu le temps de préparation nécessaire pour s’en imprégner et la  poursuivre en cadence accélérée, la procédure tirait en longueur et commençait à peser lourd sur les épaules du nouveau régime. C’est dans ce contexte que Diome prit les choses presque en main, accélérant le rythme jusqu’au procès qui a conduit à la condamnation de Karim Wade en 2015. Ce dossier bouclé, le régime décida tacitement de replonger la très controversée Crei dans le coma. Diome quant à lui, avait grandement contribué à ôter une grosse épine au pied de Macky Sall. L’estime du second envers le premier s’était fortement renforcée à partir de cette époque. Le jeune magistrat méritait alors une récompense, lui le principal artisan de la condamnation de l’ancien ‘’ministre du ciel et de la terre’’.

AJE, chargé de recouvrer les « avoirs criminels » de Karim Wade

 Le 17 juin 2015, le communiqué du Conseil des ministres tombe. Le document, envoyé à la presse par le service de communication de la Présidence, mentionne dans la fameuse rubrique ‘’Mesures individuelles’’ : « Monsieur Antoine Félix Abdoulaye Diome, magistrat, est nommé Agent judiciaire de l’Etat, en remplacement de Madame Aïssé Gassama Tall ».

Agence judiciaire de l’Etat : un point de chute qui, également, correspondait bien au profil du jeune magistrat. Dans son arc, Antoine Félix Diome a, outre la lutte contre le financement du terrorisme, une solide corde de « spécialisation dans le recouvrement et la confiscation des avoirs criminels ». Il sera ainsi, chargé de…recouvrer ceux attribués à Karim Wade dont il avait obtenu la condamnation par la Crei. A l’AJE, il passa (presque) cinq longues années, relativement tranquilles. En tout cas, loin des soubresauts du quotidien politique. Cette chose qui n’a jamais été son dada. Si dans son khombole natal où il a fait ses armes scolaires jusqu’au Bfem, les évènements politiques n’épargnaient pas les élèves, l’adolescent Antoine n’avait pas dédié beaucoup de temps à cet effet de mode. Son ‘’orientation’’ au lycée Malick Sy de Thiès, un établissement à une forte coloration militante, n’y changera pas grand-chose. L’on aura beau fouiller mais la carrière de Tony est vide de toute certitude idéologique. Ni marxiste, ni libéral, ni socialiste. Sa toile de fond, c’est le Droit, la science juridique qu’il a toujours aimée et qui l’a accueilli à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar où il a plié les quatre années du premier cycle. La Maîtrise en poche, il tente et réussit l’Enam. Admis à la section magistrature, il sort en 2000, première année de l’alternance, avec une toge de Parquetier. Il n’avait que 26 ans !

Pas une seule interview 

Patron des renseignements, sa proximité avec le ‘’Boss’’ s’est bonifiée avec le temps qui a presque fait de lui un ‘’complice’’ très écouté. Autre avantage considérable, malgré son nom à résonnance catholique, ‘’Tony’’ comme l’appelle les intimes est un musulman. Mieux, ce neveu du très influent Mbackiyou Faye, représentant du khalife des Mourides à Dakar, tient de solides liens à Touba, notamment avec la famille du regretté Serigne Saliou Mbacké dont il est un disciple. Airs débonnaires, le visage juvénile, ce jeune quinqua a la physionomie d’un ange. Mais, Tony est loin d’un enfant de chœur. A Khombole où sa maison familiale est nichée dans le même quartier que celle de la maman d’un certain Ousmane Sonko – son jumeau avec lequel il partage la même année de naissance –, il est prophète chez lui. Il y a bâti une réputation de bienfaiteur, contributeur de renom dans les œuvres sociales, dans les mosquées et surtout en faveur des personnes fragiles. Mais, Tony, selon certains témoignages, est comme un bois de chauffe en latence, couvert de cendres. Il est alors bien risqué de jouer avec ce fin stratège au risque d’y laisser ses doigts. Macky Sall le sait qui, dans tous ses déplacements ou presque est flanqué de celui qui est très vite devenu son poulain auquel il semble tracer un boulevard politique. Tony lui, veut y passer loin du regard indiscret des journalistes…

Nommé ministre de l’intérieur en novembre 2020, le garçon fuit les médias – il n’a jamais accordé d’interview dans sa carrière – et serait sans doute très mal à l’aise dans un meeting. Malgré tout, sa marche est ferme qui pourrait le conduire vers les cimes. Le président Sall lui-même est passé par le ministère de l’intérieur avant d’atterrir à la Primature, non ? Son lointain prédécesseur, Abdou Diouf, n’est-il pas devenu un bête politique dans tard ? L’histoire se répète souvent. Et, qui sait ce qu’il réserve à Tony…

(Source Journal ALERTE QUOTIDIEN)

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