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« On peut dire d’une boîte d’allumettes que c’est une boîte d’allumettes tout court, mais pas d’un »… magistrat !

Le qualificatif « ordinaire » est revenu au moins 4 fois au sujet de sa convocation par le Doyen des juges ce 3 novembre. Mais son audition de ce jour ne sera « ordinaire » qu’à bien des conditions que Ousmane Sonko, accusé de « viols répétés avec menaces de mort », a glissé entre les lignes lors de sa « déclaration de presse », comme il y a habitué les journalistes et ceux qui les lisent, écoutent ou regardent.

« Ordinaire », le face-à-face entre le leader du Pastef-Les Patriotes et le Doyen des juges le sera si, d’abord, ses militants et supporters respectent sa consigne en restant chez eux ou en allant vaquer à leurs occupations. Le « charisme », qu’il se reconnaît, n’exclut pas cependant quelques débordements ; même s’il n’est pas nécessaire de parier que les forces de l’ordre veilleront et s’emploieront à ce qu’il n’y ait pas un « 3 Mars » (2021) bis. Schéma que n’écarte pas le président de la conférence des leaders de la coalition Yewwi askan wi, Khalifa Sall.

Hypothèse à ne pas écarter également du fait de la présence dans le théâtre des opérations de « 12 garnisons » venues de « Fatick » et comprenant des  éléments en « formation », comme l’a révélé Sonko. Sans « formation » certifiée, une bévue n’est pas à écarter. Quid, encore, des possibilités « d’infiltration » ? En somme il faudra plus que de « la discipline » de ses militants pour que son audience avec le remplaçant de feu Samba Sall soit « ordinaire ». « Ordinaire » l’audience d’Ousmane Sonko de ce jeudi pourrait l’être, s’il « rentre tranquillement » chez lui. C’est son vœu et celui de ses proches. Mais est-ce ce que souhaite et attende la « masseuse » et accusatrice Adji Sarr, qui a aussi ses souteneurs.

Comment réagiront-ils si l’accusé sort du bureau du magistrat pour « rentrer tranquillement » chez lui ? La troisième condition pour un entretien « ordinaire » avec le magistrat instructeur de son dossier sera, encore, fonction de la réaction des affidés du « peureux » Président Macky Sall. Vont-ils faire comme s’ils n’avaient rien entendu ? Ils ne manquent pas de va-t-en guerre, dont ceux qui exigent un « 3ème mandat ». Audience « ordinaire » : une hypothèse peu probable pour qui sait ce que le « départ de Macky », envisagé par Sonko dans « 16 mois », pourrait leur coûter, en termes de faveurs et même de liberté ; si Sonko relève Macky en 2024. Quid de ce qui sera la « conviction intime » finale du Doyen des juges Oumar Maham Diallo, tenu de faire fi de toute considération politique partisane pour ne trancher que sur la base des « faits et rien que les faits » ?

Le « dossier » qui se joue ce matin ne sera pas donc seulement « politique », comme le qualifient Sonko et ses alliés : il dépendra de ce qu’en pensera et décidera le juge. « On peut dire d’une boîte d’allumettes que c’est une boîte d’allumettes tout court, mais pas d’un »… magistrat !

 

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