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« NEMMEEKU TOUR » : Une randonnée porteuse des germes de mars 2021

L’opposant Ousmane Sonko poursuit son « Nemmeeku Tour », malgré dans les jets de grenades lacrymogènes d’éléments de la gendarmerie, essuyés à l’étape de Joal. Un début de heurts, puisque la tournée nationale initiée par le leader du Pastef est porteuse des germes des manifestations qui avaient paralysé et meurtri le Sénégal en mars 2021 ; ceci à l’interne comme à l’extérieur du cercle de l’opposant « antisystème ».

Ousmane Sonko président du Pastef-Les Patriotes a entamé, depuis ce dernier week-end, sa tournée nationale, dénommée « Nemmeeku Tour ». Une anticipation, puisque son périple à travers le Sénégal avait été initialement prévu pour le mois de novembre prochain. Il a été rapproché à septembre de cette année, avant que la date du 16 octobre ne soit finalement calée.

Enjeux et raisons d’une anticipation

Ousmane Sonko a tenu à se lever tôt, parce, très probablement, il était devenu impérieux d’anticiper de quelques jours sur la date initiale. La raison : « L’arrivée est proche », a servi la tête-de-liste recalée de la coalition Yewwi askan wi (Yaw) aux élections législatives du 31 juillet dernier. Il faisait allusion à la présidentielle de 2024. Car, c’est là où gît sa motivation, puisqu’une programmation doit tenir compte des enjeux du moment, du temps et de l’espace. Et à ce titre, le Sénégal compte 46 départements, qui polarisent un peu moins de 600 collectivités locales ; sans compter les « régions » de la Diaspora. Il s’y ajoute que d’ici la Présidentielle de 2024, il n’y a plus que 15 mois. Le compte à rebours a donc commencé, pour Ousmane Sonko, qui a clamé haut et fort que « rien ni personne » ne pourra l’empêcher de participer à cette échéance capitale. Arrivé 3ème à la Présidentielle de 2019, il se devait donc d’anticiper son « Nemmeeku tour », en tirant les leçons du passé.

Des arguments sans effet

Ses visites de proximité ont démarré sur les chapeaux de roue, avec le jet de grenades lacrymogènes au nom de « troubles à l’ordre public » consécutifs à « une marche non autorisée ». Des justifications qui ont même charrié bien des commentaires, dont ceux de profanes en matière de droit. Ce qui remet au goût du jour le qualificatif « fourre-tout », dans lequel on range « l’offense au chef de l’Etat ». Des arguments et interprétations qui ne dérangent point Sonko et ses partisans. D’ailleurs de l’avis de l’un d’eux : « Rien ne nous empêchera de faire le tour du Sénégal. Si l’accueil chaleureux des populations vous indispose, vous allez mourir de crise cardiaque. Sachez que vous êtes minoritaires dans ce pays », avait posté El Malick Ndiaye sur sa page Facebook. Il s’adressait aux détracteurs de son leader et clamait l’intention « inébranlable » de Sonko et la détermination de ses militants. C’est donc comme qui dirait que les grenades lacrymogènes pourraient bien retomber au cours du « Nemmeeku tour ».

D’autres « Joal » en vue

Car ce qui avait suscité les jets de grenades lacrymogènes par les éléments de la Brigade de gendarmerie de Joal, dans le département de Mbour, ne sera pas facile à extirper : des inconditionnels, Sonko en a plus que tout autre leader politique sénégalais de l’heure. D’ailleurs, ils servent à tout bout de champ n’attendre que le « Ndigël » (injonction) de leur leader pour agir dans le sens où il ordonnera. Et à la veille de son périple, Sonko a pris le soin de procéder à des « nominations » dans son entourage. Parmi celles-ci, des figures de ce qui reste ( ?) de la « gauche sénégalaise ».

Il a ainsi avec lui des « gladiateurs » et des « doctrinaires ». Ils pourront reculer ; mais, ce sera pour « mieux sauter ». En face, des incivilités et menaces, même de « mort », à l’endroit de « Pros » : « Président Ousmane Sonko ». Le camp présidentiel a, également ses « Baye fall » et « militants acharnés » pour un « 3ème mandat » du Président Macky Sall. Leurs rangs vont s’agrandir, même si ce sera pour l’essentiel d’entre eux par souci de « motivation et promotion ».

Comme en mars 2021

Au regard de cet inquiétant tableau, le « Nemmeeku tour » est  ainsi gros des évènements de mars 2021, qui avaient occasionné saccages et mort de 14 Sénégalais, dont 12 « par balles réels », selon l’opposition. Et justement la convocation d’Ousmane Sonko par le Doyen des juges au sujet des accusations à son encontre de « viols répétés avec menaces de mort » reste toujours en l’état. C’est elle qui avait occasionné les manifestations meurtrières de mars 2021. Est-ce pour ne pas aller déférer à la convocation toujours en l’état que Sonko a anticipé sur la programmation de sa tournée nationale » ?

En tout cas ce leader de Pastef-Les Patriotes a commencé à agir dans le sens qu’il avait déclaré : l’inéluctabilité de sa participation à la Présidentielle de 2024. Et les rangs de ses souteneurs ne pourront que s’agrandir, puisque lui qui toise le Président Macky Sall est devenu maire de Ziguinchor et Président du Réseau des élus locaux du Sénégal (Reels) », né des flancs de l’Association des maires du Sénégal (Ams), que dirigeait le frangin du Président Macky Sall, Aliou. En somme deux « garnisons » se font, à nouveau, face. Entre elles les forces de l’ordre ? Pour sûr, les étincelles se rapprochent de ce fait de la poudre, dont l’explosion avait secoué le pays en mars 2021. Pourvu donc que le Sénégal reste un « pays de dialogue », comme le chantait le Président-poète natif de Joal.

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