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Moustapha Niasse, la faim !

Après une carrière de plus de 60 ans, Moustapha Niasse sort de l’ordinaire d’une carrière politique bien remplie. Du bloc populaire sénégalais (Bps) au parti socialiste (Ps) en passant par l’union progressiste sénégalaise (Ups) et de Senghor à Macky Sall en passant par les régimes de Diouf et Wade, le ci-devant président de l’Assemblée nationale a traversé les époques et su tant bien que mal, imprimer sa marque dans l’histoire politique du Sénégal. Après dix ans passés à la tête de l’Assemblée nationale, le président de l’alliance des forces de progrès (Afp) qui a décidé de prendre sa retraite – sans se retirer de la politique – a fait ses adieux hier à ses collègues, tout en réitérant sa volonté d’accompagner le président Macky Sall. Malgré la fin de sa carrière à l’Assemblée, Niasse révèle son insatiable faim de politique. Jusqu’à son « dernier souffle », dit-il.

Ministre, ministre d’Etat, Premier ministre, député, chef de parti, président de l’Assemblée nationale : Moustapha Niasse a occupé toutes les fonctions possibles, sauf celle de président de la République. Nommé ministre de l’urbanisme de l’habitat et de l’environnement pour la première fois en 1979 puis ministre des affaires étrangères la même année, il avait au préalable, dirigé le cabinet du président Senghor. Le natif de Keur Madiabel, sera ensuite désigné chef du Gouvernement en avril 1983. Mais, à la Primature sous les ordres du président Abdou Diouf, il ne passera qu’un petit mois avant de redevenir chef de la diplomatie sénégalaise en juin de la même année. Depuis, cet énarque sorti major de sa promotion n’a pas quitté les lambris dorés du pouvoir. Afin presque ! En effet, c’est seulement en 1999, à la veille de la première alternance ayant porté Me Abdoulaye Wade au pouvoir que Moustapha Niasse décida de définitivement s’émanciper du parti de feu Léopold Sédar Senghor, en portant sur les fonts baptismaux l’Alliance des forces de progrès dont il fut le malheureux candidat à la présidentielle de 2000 et de toutes les autres.

Entre temps, sa vie politique mouvementée l’a présenté sous plusieurs personnages : « rancunier » pour certains, « vindicatif et distant » pour d’autres et « opportuniste » toujours entretenu par l’Etat. Néanmoins, Moustapha Niasse a toujours su surmonter les épreuves, survivre et tirer son épingle d’un jeu politique qui, par-delà les coups bas, accepte les pires règles. Il a ainsi failli céder quand en 2012, après s’être donné tous les moyens de remporter la présidentielle en tant que « candidat de l’unité et du rassemblement », prêt même pour « une transition de trois ans », ses espoirs s’amenuisèrent au soir du 26 février 2012. Macky Sall, « cavalier solitaire » admis au second tour contre Wade, le « récupère » cependant avant de faire de lui plus tard, la deuxième personnalité du pays. Moustapha Niasse venait ainsi de « renaître de ses cendres » à la Place Soweto où il fut confortablement installé le 30 juillet 2012. Hier, neuf ans et onze mois après, il a fait ses adieux à ses collègues.

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