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MANIFESTATIONS DE SOUTIEN À OUSMANE SONKO : Dakar perd son calme

Les choses ont commencé lundi 8 février dernier pour aller crescendo et s’accentuer ce jeudi 4 mars. En moins d’un mois, une affaire privée « accusation de viols répétitifs » contre un élu du peuple a transformé le décor de la capitale sénégalaise. Au cours de ces dernières 24 heures, Dakar est passée, très vite d’une paisible capitale à une zone sinistrée par des manifestations.

L’affaire Ousmane Sonko a donc fini par embraser la capitale. De la Médina à Rufisque, en passant par les Parcelles Assainies, Guédiawaye, Pikine et Keur Massar, entre autres, les manifestants ont brûlé tout sur leur passage. Une longue et difficile journée pour les forces de l’ordre dépassées par endroits, en retard dans leurs interventions ou totalement absentes ailleurs. Plusieurs zones étaient ainsi à la merci de plusieurs groupes de manifestants qui pour n’ont pas manqué de s’adonner à des scènes de pillages.

Chaos total

A l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, la colère des étudiants déversée dans la rue était difficilement réprimée par les policiers, malgré le renfort des gendarmes. Pendant toute la journée de ce jeudi 4 mars, étudiants et forces de l’ordre se sont livrés à une rude bataille qui n’a pas été sans conséquences de part et d’autre. La veille, les étudiants avaient réussi la « prise » de l’avenue Cheikh Anta Diop, obligeant les policiers, en sous effectif et dépourvus de « munitions », à battre en retraite.

Les enseignes françaises ciblées

Dans la banlieue, et dans bien d’autres quartiers de la capitale, les enseignes françaises ont particulièrement été visées par les manifestants. Ils ont ainsi saccagé des boutiques Auchan, des stations Total, plusieurs kiosques représentant la marque de téléphonie ORANGE avant de saccager les sièges de la SONATEL et de FREE des Parcelles Assainies. Pour couronner le tout, des manifestants ont saccagé le siège du tribunal départemental de Guédiawaye et la mairie de la ville, que dirige le jeune frère du président Macky Sall. Non loin de là, sur la corniche, les travaux du BRT (bus rapide transit) ont également été endommagés. Un peu plus tôt, des élèves étaient sortis des classes, arpentant les rues de la banlieue et réclamaient la libération de Ousmane Sonko. Une partie du siège de la mairie des Parcelles Assainies a également été touché par des flammes.

Un mort à Bignona, un autre à Yeumbeul

Ailleurs, dans la capitale du sud, à Ziguinchor et à Bignona notamment, la situation a dégénéré jusqu’à virer au drame avec la mort d’un jeune atteint d’une balle sur la poitrine. Un drame de la même nature a également été constaté dans le populeux quartier de Yeumbeul, dans banlieue dakaroise. Un autre jeune garçon, mécanicien de son état, âgé de moins de 17 ans environ, a succombé à ses blessures.

Après une très longue journée pour les manifestants et les forces de défense et de sécurité, les tensions ont baissé d’intensité dans la soirée. Mais des scènes de mécontentement étaient encore signalées dans quelques zones de résistance, malgré le couvre-feu en vigueur à partir de 21 heures. Dans la commune de Hann notamment, où le siège du quotidien gouvernemental Le Soleil a été la cible des manifestants. A la Médina également, les locaux de la radio futurs médias (RFM) qui abritent également le journal L’Observateur ont été attaqués par des manifestants. Deux véhicules au moins y ont été calcinés.

Mais, cette accalmie n’est que relative. La journée de ce vendredi 5 mars risque d’être plus chaude encore, avec la marche pacifique prévue par des organisations de la société civile et des partis de l’opposition. Cette manifestation est prévue à partir de 15 heures, sur l’axe Place Washington (siège du ministère de l’intérieur) – place Soweto (siège de l’assemblée nationale). Et, même si elle n’a pas été autorisée par le préfet de Dakar, les initiateurs comptent la tenir. « De gré ou de force », préviennent-ils.

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