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LOUGA/ÉLECTIONS LOCALES : Guerre de riches entre Moustapha Diop et Mamour Diallo

Par Moustapha Sarr Diagne (Louga Infos)

Un scandale qui s’annonce comme un prélude, une bande-annonce, un « lancement » disait-on autrefois, de ce qui va être série lors des prochaines locales que l’on pourrait intitulé sans coup férir « Les liaisons dangereuses de la politique et de l’argent ». Il s’agit d’une affaire qui sera certainement très prochainement enrôlé par le juge opposant un homme d’affaire, politicien partisan de la coalition Ben Bokk Yakaar et candidat à la mairie de Kaolack à l’ex directeur d’une très importante société nationale. L’homme d’affaires réclame au second la restitution d’une commission de 40 millions et beaucoup de poussière qu’il lui octroyé sous table en guise de commissions en foi de quoi le directeur de cette société lui garantissait l’octroi d’un marché de réfection à hauteur de 5 milliards d’un édifice marchand dans la capitale. Des commissions remises en deux tranches de 25 et 15 millions et quelques menues centaines de mille francs pour les payer les frais afférant à cette transaction.

C’est ce qu’affirme le candidat à la mairie de Kaolack. Ce dernier n’ayant vu rien venir et au bout de sept mois de patience enjoint aujourd’hui Monsieur le directeur de lui restituer son argent ou à défaut de devoir répondre d’une plainte devant le juge. Rocambolesque ! Assigner une personnalité de cette envergure devant le juge, c’est du jamais vu ! Dans notre pays, c’est connu de tous, les négociations de dessous de table se déroulent dans le silence des discrets salons feutrés. Il a bien fallu que notre candidat à la mairie de Kaolack soit outré pour étaler au grand jour de telles malversations au risque de se faire condamner lui-même comme corrupteur. Monsieur le directeur qu’il accuse de corrupteur fait dire par l’entremise de chargé de communication de la boîte qu’il est l’objet d’un chantage de la part du candidat à la mairie de Kaolack.

Dans cette affaire qui n’est que la partie accidentellement visible de l’iceberg des pratiques en cours dans ce pays, il y a deux témoins cités par lesquels l’argent a transité, ce qui atteste de la véracité de l’opération. Nos lecteurs férus en affaires de cette nature se souviennent certainement de la scabreuse qui avait lié des politiciens Parti Socialiste français, des hommes d’affaires entrepreneurs, et des élus locaux qui étrangement ressemble à notre affaire. Cette affaire Urba en France avait même motivé la création en France de la Commission des Comptes de Campagne et des Financements Politiques (CNCCPF) qui fixe des plafonds dans le financement des campagnes et vérifie le respect de ses dispositions. Une commission qui a permis d’épingler l’ancien président Nicolas Sarkozy dans l’affaire Bygmalion à propos du financement de la campagne de Balladur. Si le verdict d’un an ferme prononcé en première instance se confirme en appel, l’ex président de la France se verrait obligé de porter un bracelet de prisonnier au pied même quand il se rase devant son miroir.

Mais au Sénégal, ni certains juges, pour ne pas essentialiser une profession ni les autorités chargées de la répression de la corruption n’ont cette audace et cette célérité. Les accusations de corruption tombent toujours sur la tête des opposants, les directeurs de service de l’État alpagués par les offices de lutte contre la corruption peuvent miraculeusement se retrouver à la tête de juteux ministères et ceux qui ne font de zèle pour aller cirer des bottes à l’Avenue Roume sont dans l’angoisse d’une destitution à la faveur de menaces. Tel est le Sénégal de décembre 2021.

Les modifications du code électoral ont apporté une innovation dans le mode d’élection des maires. Ne pourront élus maires que ceux qui trustent les listes électorales. Ce changement dans le mode de scrutin a l’avantage de clarifier le jeu politique, surtout pour les électeurs qui mettront dorénavant le bulletin de celui qu’ils désirent comme magistrat de leur commune dans l’urne. L’effet contre-induit de cette disposition est que les coalitions ont explosé partout dans le pays. Les listes se sont considérablement multipliées et on voit des camarades ou faux frères d’une même coalition entrer en concurrence et en collusion. Le fauteuil de maire devient chèrement payé toutes les forces sont jetées dans la bataille alors la campagne n’est même encore ouverte. Le clientélisme bat son plein. Pour porter l’écharpe tricolore, il faut nécessairement bourse délier et faire offrandes. Certainement que le candidat à la maire de Kaolack déjà évoqué, faisant face à forte concurrence dans sa capitale du Saloum, aurait bien voulu récupérer ses 40 millions et poussière pour mener campagne. Pour cette raison, on présume qu’il n’a pas hésité à mettre le pied dans le plat.

Cependant, le cas le plus emblématique de cette guéguerre fratricide est celui de la ville de Louga opposant le maire sortant et ministre, et l’ancien directeur des domaines. Moustapha Diop dit « xale xaliss » qui était sorti des ténèbres pour coiffer au poteau Aminata Mbengue et Mamour Diallo, « l’ami » de Ousmane Sonko s’y livrent une bataille épique les armes de destruction massive sont les gros billets de banque. En veux-tu, en voilà ! Et à la flopée. Les plus futés mangent à tous râteliers. Ce combat burlesque ferait le bonheur d’un caricaturiste qui voudrait illustrer les affres du clientélisme à la sénégalaise. Ne dit-on pas que « Quand l’argent domine le peuple, la dictature naît et règnent les émeutes »

Heureusement, il n’y a pas seulement que des raisons de désespérer. Il existe à Louga d’autres coalitions qui n’ont pour arme que le plaidoyer pour leur programme et très peu de munitions contraintes de demander à leur sympathisants une modique contribution de 500 francs pour faire campagne. Il ne faut pas douter qu’en raison de telles disparités, un effet de vase communiquant se produira dans la capitale du Ndiambour. L’alternance à double détente que le Sénégal a connue peut faire espérer des lendemains meilleurs. Ce n’est pas toujours celui qui a la grosse bourse qui tire le gros lot. C’est là un des charmant hasards de la démocratie. Quand toutefois elle existe dans un pays. Trump a perdu devant Baiden.

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