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LEGISLATIVES DU 31 JUILLET : Un faible taux de participation qui disqualifie les partis

Le scrutin tant redouté des élections législatives du 31 juillet de cette année a vécu dans la paix. Mais si les pluies notées ici et là à travers le Sénégal au cours du week-end ont participé à adoucir le climat, elles ne peuvent par contre justifier le faible taux de participation qui se dessine. Il serait même en dessous de celui des dernières élections locales et indexe, ainsi, en gros plan toute la classe politique sénégalaise. Il questionne sur l’utilité des partis politiques, transformés Petites et moyennes entreprises (Pme).

S’il avait été plébiscité au 2ème tour de l’élection présidentielle de 2012 pour devenir le tombeur de son ancien mentor Me Wade, Macky Sall est le premier à devoir se poser des questions au sujet du taux de participation qui faiblit d’élection après élection. Car, les premiers résultats du scrutin des législatives d’hier dimanche 31 juillet ont confirmé la chute de ce barème qui indique le degré de citoyenneté d’une nation.

A l’origine, une démission collective coupable

Tentant de l’expliquer, le maire Cheikh Guèye a invoqué, outre « les pluies », la proximité des dernières locales avec le scrutin d’hier. Pourtant, en principe, « la pluie du matin n’arrête pas le pèlerin », décidé et convaincu. Il ne fallait pas se demander ce qu’est devenu cet adage, parce, probablement, cet ex (?) militant de la Gauche, sous les couleurs de la Ligue démocratique du e Pr Bathily, ne tenait pas à « gratter sous l’ongle » Si ce n’est qu’il ne voulait pas se risquer, comme tous ses semblables, à perdre des voix pour leur coalition ; ceci, en attestant l’abandon de la « formation des militants ». C’est ce qui se faisait dans les partis de gauche. C’est cette formation qui fait défaut. « L’école du parti » des socialistes, « L’université d’hivernage », les séminaires sur le libéralisme du temps de l’opposant Me Wade, les « vacances révolutionnaires », etc. : tous ces créneaux qui forgeaient une « conscience idéologique » et offraient aux bénéficiaires des « armes théoriques » pour faire face aux débats, se désagrègent dans le lexique et les programmes de nos formations politiques.

Conséquence : la « bataille des idées » a fait place aux invectives, insultes, accrochages physiques, affrontements armés et autres déchéances politico-idéologiques. Ce qui a entraîné l’indifférence du citoyen lambda de la chose politique, surtout qu’elle est devenue répugnante du fait de la « transhumance » et du « militantisme alimentaire », à la vogue. Il faut désormais assurer perdium, sandwich et transport pour faire croire qu’on mobilise. Être « bien visible » dans la « guerre des pancartes », pour mieux se faire courtiser, même par les rescapés « soixante-huitards » ! Alors les « clients » pour ce faire appliquent ce que recommandait le Pr Madior Diouf, du temps où il était candidat du Rassemblement national démocratique (Rnd) de feu Cheikh Anta Diop : empocher les billets de francs CFA tendus, pour ensuite exercer son vote, selon son choix, dans l’urne : Leçon maintenant sue et appliquée, au grand détriment des « coalitions présidentielles ». De Diouf à Sall !

L’idéologie « tuée » par le profit devant le « vigile »

Le taux de participation aux élections flanche, encore, parce que l’on monnaye maintenant les récépissés à de riches candidats sans parti. De même, il suffit d’en avoir pour bien monnayer sa participation à une coalition. Un parti, ce n’est plus pour aller à la conquête du pouvoir ou s’y maintenir : la tâche est maintenant dévolue, bien avant « la 1ère alternance » aux coalitions. Ce qui amène à se demander à quoi bon alors les partis politiques ? Ils ne forment plus, ne sont plus motivés par la conquête du pouvoir, mais des postes et du profit. Ils sont plus de trois cents sous nos cieux, mais nul d’eux ne songe à se conformer aux conditions édictées par le ministère de l’Intérieur pour la délivrance d’un récépissé : nulle part dans ses tiroirs de rapport annuel d’une quelconque formation politique ! Point également de vérification de la part du département de tutelle, pour voir qui applique ou pas ses normes ; à plus forte raison sanctionner les déviants ! Ce qu’il faudra, d’abord, faire pour assainir l’espace politique et réconcilier les Sénégalais avec les élections. Un chantier, hélas, dont la fabrique de l’enseigne ne sera pas avant 2024.

 

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