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Le Président, le Général et le “Nouvel ordre sénégalais”

Par décret N° 2020-966, le président de la République a nommé le général François Ndiaye à la tête du comité de suivi du « FORCE-COVID-19 ». Une nomination qui, il faut le dire d’emblée, mérite d’être saluée. Au moins, pour la suite de l’histoire, ce général de division va, a priori, mieux veiller sur nos maigres deniers que Ñangal compte redistribuer dans le cadre d’un programme de résilience qui se décline en plusieurs facettes.

Il faut donc applaudir et souhaiter la bienvenue à cet homme au bataillon d’assaut contre les effets économiques et sociaux du coronavirus.
Mais, si le commun des sénégalais considère que François Ndiaye – qui malgré tout, ne bénéficie que d’une simple présomption de confiance, en attendant le résultat de son action – est l’homme qu’il faut à cette place, c’est qu’également, ce militaire est attendu pour surtout, faire la lumière sur ce récent scandale estampillé « Mansouriz » Faye, le très suant beauf de Ñangal.

Question : jusqu’où ira le général Ndiaye dans son action ? Car, si l’on sait quand est-ce sa mission va s’arrêter – trois mois après la fin des opérations du FORCE-COVID-19 – les sénégalais ne savent pas et voudraient sans doute savoir où commencera son action ? Autrement dit, le général Ndiaye adoptera-t-il une démarche rétroactive en fouillant cette fameuse affaire de riz, gérée par le grand-frère de Marième Faye Sall ?
Il le faut ! Les sénégalais ne sont pas prêts à passer par pertes et profits les 69 milliards destinés à l’achat des denrées – du riz surtout – dont une bonne partie a été convoyée par des « auto’mbalit » (bennes à ordures) de Diop-Sy, patron de l’agonisante ‘Urbaine d’entreprise’ (UDE), longtemps restée dans le trou.

On le sait : Natif de Joal-Fadiouth, François Ndiaye, parachutiste de formation, ayant arboré les galons de colonel à 45 ans – plus jeune officier de cet acabit dans les Armées, en tout cas à l’époque – est un homme qui inspire, force et mérite le respect.

Mais, aujourd’hui plus que jamais, si sa prestation est tant attendue, c’est qu’au sortir de cette crise sanitaire, les sénégalais attendent de son patron, le président Macky Sall – qui plaide « un nouvel ordre mondial » – qu’il se décide finalement à placer le citoyen au début et à la fin de son action. Qu’il soit le « Président de tous les sénégalais », que des slogans comme « la patrie avant le parti » ou « je ne protégerai personne » ne soient pas de simples mots-clés, vidés de leurs sens par une pratique qui foule aux pieds les règles élémentaires de transparence et d’équité dans la gouvernance.

Il nous faudra sans doute une gestion véritablement sobre et loin d’être tortueuse de nos maigres ressources avec une obligation de reddition des comptes que n’entraverait désormais aucun coude.

Le « nouvel ordre » devra alors être « sénégalais » avant de devenir « mondial » et inciter le président sénégalais de “s’arrêter un peu”, pour remettre la gouvernance économique, sociale et institutionnelle à l’endroit.

Ps : La nomination du général François Ndiaye intervient un an, jour pour jour, après le décès du général Lamine Cissé le 19 avril 2019. Paix à l’âme de ce digne fils du pays qui justement, a empêché au virus de la confiscation du pouvoir d’infester notre démocratie.

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