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Le Pds de Wade, héritage de Karim

Au Parti démocratique sénégalais (PDS), tous les responsables de bon sens en convenaient : après la mise à mort systématique des N°2, l’ère Karim Wade était ouverte dès le lendemain de la réélection du président Abdoulaye Wade, en 2007. Aujourd’hui, le Pape du Sopi a juste retouché le cliché, en écartant Oumar Sarr qui fut, simplement, un sursitaire.

Mars 2007. Le président dont la réélection était passée comme lettre à la poste, convoquent la télévision nationale au palais de République. Dans un long « one man show », il retrace l’histoire de sa brouille avec son ancien Pm et N°2 du Pds, Idrissa Seck, arrivé deuxième à la présidentielle de 2007. Au comportement «irrévérencieux» de ce dernier, fils banni, qui ne cessait de « lorgner le fauteuil présidentiel », Wade opposait «l’exemplarité et les capacités surhumaines» du fils biologique, Karim Wade, qu’il nommera plus tard ministre du «ciel et de la terre». Entre les deux, il y avait un certain Macky Sall. Mais, l’alors directeur de campagne – qui vivait ses dernières heures au secrétariat national (N° 2) du Pds – ne représentait aucun danger pour les Wade. Au contraire, il était docile comme collaborateur, toujours fier d’exécuter les ordres du chef, même s’il fallait jeter le discrédit sur le président Mamadou Dia, dont Wade fut pourtant le preux avocat en 1963, dans le cadre des événements de 1962. Macky Sall qui deviendra plus tard président de l’Assemblée nationale, était, aux yeux des Wade, un homme sans caractère : ni bête ni intelligent ; il ne représentait pas un réel danger pour la montée en puissance de Karim Wade. L’histoire finira par révéler le contraire…

Cette conclusion faite, Wade multipliait les séries – avec des scénarii bien précis – pour défendre et présenter son fils comme le «meilleur des sénégalais». Une attitude que tous les grands responsables libéraux – de lait ou de bonbons – y compris le trio Oumar Sarr, Babacar Gaye, El Hadj Amadou Sall, savaient anormale, illégale et illégitime, mais personne – sauf Souleymane Ndéné Ndiaye – n’osait publiquement dire «non» et tenir tête au «gosse».

L’on se rappelle Me Madické Niang, ministre des Affaires Etrangères et numéro 1 dans l’ordre protocolaire du gouvernement en 2011, distribuer fièrement de gros sourires aux pèlerins en destination de La Mecque des messages au nom du prince. « Ministre Karim Wade ‘’mo ngi len di nuyu’’» (vous avez les salutations du ministre Karim Wade) lançait-il aux futur(e)s El Hadj et Adjaratu. Que dire de l’impunité des Awa «kudu» Ndiaye et autres Innocence Ntap Ndiaye qui souhaitaient ni plus ni moins que la «mort» à tout détracteur de Karim Meïssa Wade ? Tout Pds était avec le leader de la «Génération du concret» dont la marche vers le sommet semblait inarrêtable. Ainsi fallait-il, à défaut d’une carte de la «GC», une soumission manifeste, une obéissance vassalique au prince. Hélas, en 2012, les Wade chutèrent lourdement au second tour de la présidentielle. L’avènement de la deuxième alternance mettra un frein à l’épopée de Karim dont le contrôle du Pds sera (momentanément) interrompue par la perte du pouvoir, la traque, l’emprisonnement et l’exil de Wade-fils.

Aujourd’hui que l’étau s’est plus ou moins desserré sur ce dernier, par la «Volonté et le Désir» de Macky Sall, qui a eu sa réélection, le message de la nouvelle composition du Secrétariat exécutif national (SEN) du parti libéral est pour le moins clair : il faut rendre le Pds à Karim qui en est l’héritier tout désigné par l’éternelle «constante libérale» ! Tant mieux si Oumar Sarr, N°2 de fait et de moindre envergure, a été pris de court et décide «enfin» de prendre la voie tracée par ses prédécesseurs. Hélas, le tout nouveau patron de l’«Alliance Suqali Soppi» (ASS) est loin d’un as : il n’a ni l’intelligence de Fara Ndiaye, ni la culture de Serigne Diop, ni la duplicité d’Ousmane Ngom. Oumar Sarr n’a ni le charisme d’Idrissa Seck, ni l’identité victimaire, ni la baraka et le parcours de Macky Sall. Sa mise à mort est donc plus aisée, sa peine et son combat perdus d’avance !

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