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La  »boulimie » de l’Apr et la « passivité » d’Aminata Mb. Ndiaye révulsent des cadres du PS

La démarche sera sans doute l’objet de réflexion lors des prochaines rencontres des instances supérieures du parti. En attendant, une poignée de cadres du parti socialiste regroupée autour du sigle «IRA/S » (Initiative de réflexions et d’actions socialiste) posent (ses) premiers jalons pour retrouver « la fierté, la lucidité et la confiance » qui leur permettraient de rassembler la Gauche et partir « ensemble » à la reconquête du pouvoir perdu en 2000.
« 2024, c’est demain, nous avons décidé de nous rassembler pour arrêter net ce lourd tribut de la division, qui bloque la gauche. Nous en sommes conscients et cela doit être une des missions de toute une génération ». Ces mots du coordonnateur de l’Ira/S, Boubacar Baldé, annoncent déjà la démarche inclusive recherchée par l’Ira/S qui trace déjà une feuille de route sous le sceau de la « réunification » de la Gauche. Ce groupe de cadres du parti socialiste (Ps) est ainsi présenté par ses animateurs comme un outil pour « fédérer des forces de gauche et commencer à concrétiser l’idée d’une fédération souple de différentes sensibilités des socialistes », a lâché son coordonnateur face aux journalistes, hier. Pour Boubacar Camara, l’Ira/S, outre sa mission de rassembleur, va « proposer des réformes » dans le fonctionnement du Ps, et proposer le « renouvellement des équipes dirigeantes ». L’objectif visé est, de réussir, « après les Législatives », le redressement de leur image et « retrouver une place de choix dans le débat démocratique ». Pour y arriver, Boubacar Baldé et ses camarades estiment qu’ils doivent travailler pour la réunification et le renouvellement du Ps, afin d’en faire un parti « tourné vers (les) concitoyens ». Il faut ainsi, « Revitaliser une idéologie au sein du Ps, au service des militants pour retrouver leur confiance et celle des Sénégalais. Mener à terme les renouvellements de nos instances et convoquer, dans les meilleurs délais, un congrès extraordinaire dans l’unité et la cohésion », tranchent-ils. Au préalable, des « Assises socialistes ». Selon les membres de l’Ira/S, si l’heure est à la reconstruction, c’est que depuis plus de deux décennies, « des divisions profondes et des différences de points de vue, sur fond de défense d’intérêts personnels, ont ouvert des plaies béantes qui ont du mal à se cicatriser ». « Des calculs partisans et politiciens, une opposition au sein même des hautes instances de décisions ont fini par fragiliser tout l’édifice. Pire, ces frondes depuis 1996 continuent à nous nuire et à écorner l’image de notre formation politique devant nos concitoyen(ne)s », déplore le coordonnateur de l’Ira/S.

Non à la « boulimie » de l’Apr

Vivement décriée par une bonne partie des alliés de la majorité présidentielle, la « boulimie » de l’alliance pour la République (Apr) du Président Macky Sall a encore été dénoncée par un cadre du parti socialiste. Ancien secrétaire général du PS en France, Birahim Camara estime en effet, que le Ps est aujourd’hui dans une coalition qui « est en train de le tuer ». Alors, poursuit-il, « il faut dénoncer cette boulimie de l’Apr pui prend pratiquement tous les postes. Les autres partis de la coalition se dressent ainsi comme des suiveurs. Nous n’accepterons plus de faire le suivisme, il faut que le Ps, dans la coalition Benno Bokk Yaakar (Bby), soit traité comme il mérite ». Pour ce membre du comité central, le Ps doit gagner dans la reconquête de toutes les forces vives à travers la redynamisation. « C’est à cela que nous appelons nos responsables qui seront obligés de suivre la dynamique (initiée par l’Ira/S) pour qu’autour d’une table qu’on puisse trouver les solutions. Nous ne serons plus les agneaux à abattre gratuitement, c’est fini ça. Et si l’Apr persiste sur sa position, le jeu politique est ouvert. De 2000 à maintenant il y a eu une multitude de coalitions » avertit-il. Pour Birahim Camara, le parti socialiste est à un niveau de stagnation insoutenable. « Nous avons compris qu’il y a quelques choses qui ne bougent pas au parti socialiste. On a les mêmes têtes depuis des années. Depuis le décès de Ousmane Tanor Dieng, ces personnes ne convoquent pas les réunions de manière régulière conformément aux statuts et au règlement intérieur du parti. Les textes disent que le secrétariat exécutif permanent doit se réunir tous les 15 jours, le bureau politique tous les mois et le comité central tous les trois mois. Dans ces conditions, le parti ne peut pas vivre ; tout le monde sait que le parti socialiste ne vit pas et n’existe que de nom et ça va cesser, il y a des jeunes très patriotes ouverts et intelligents qui sont cohérents dans leur démarche et qui peuvent prendre la relève.

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