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« Jamm a Gën 3e mandat » suffira-t-il pour la Paix en 2024 ?

Le Sénégal fut paralysé et meurtri à la veille de l’élection présidentielle de 2012, du fait de la jonction déterminée entre populations, partis de l’opposition et organisations de « la société civile » pour s’opposer à un 3ème mandat du Président Wade. N’empêche il fut validé par le Conseil constitutionnel. Un dossier juridique est rarement blindé. Les termes d’une Constitution, sous nos tropiques, également ! La preuve onze ans après un autre ( ?) mouvement « contre un 3ème mandat » prend forme. Ses initiateurs prêtent la même volonté au tombeur de Me Wade. La dénomination de leur « plateforme » est à la fois attrayante et sonne comme vraie : « Jamm a Gën 3ème mandat ». Entendons : « La Paix vaut mieux qu’un 3ème mandat ». Moralement et socialement ce serait difficile d’en redire. La paix est meilleure ici-bas comme à l’Au-delà, indiquait un des sains hommes du Sénégal.

Cependant,  politiquement la plaidoirie pourra-t-elle convaincre celui auquel elle est destinée ?

Car, depuis le livre de Machiavel, Le Prince, la politique se résume à trouver « comment conquérir le pouvoir et s’y maintenir ». Et Macky est au pouvoir et peut se prévaloir d’un certain bilan qui motive son maintien. Et s’il est vrai que  bien des Sénégalais souhaitent la limitation des mandats, cette volonté telle que libellée dans l’actuelle Constitution est sujette à interprétation : « Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs ». N’empêche, de l’autre côté, on agite que le 1er mandat de Macky était de 7 ans, or la référence du texte constitutionnel a été formulée au cours de celui-ci et parle de mandat de 5ans. Depuis, la bataille des interprétations à ce sujet oppose même des juristes, voire constitutionnalistes ! A ce dialogue de sourds s’ajoute le « Ni oui, ni non » du concerné.  

Et outre les querelles sémantiques, la bataille sur le terrain politique pour la nouvelle « plateforme » pourrait ne pas être aisée. Pas seulement à cause des forces de l’ordre, qui ne pourront qu’agir pour que « force reste à la loi », mais pour ses les identités de ses initiateurs. Pourront-ils mobiliser autant que le «M23 » en 2011 ? Car si dans la société civile ce sont presque les mêmes (frustrés ?) contre Wade qui se dressent face à son successeur pour la même réclame, la question reste de savoir si « Y’en a marre » réussira à convaincre les citoyens ? Puisqu’un ou d’aucuns de ses leaders ont eumaille à partir avec la Justice pour actes frauduleux. Ce qui n’a pas manqué d’écorner l’image de ce mouvement. De même, l’un d’entre eux s’est essayé vainement à la conquête démocratique de sa commune natale.

D’où la question de savoir si « Y en a marre » de 2022 aura la même attraction que celui de 2011 ? Une interrogation valable aussi pour le « Doyen » Alioune Tine et d’autres agitateurs de ce qui reste du « M23 ».

Et puis qu’est-ce que le Conseil constitutionnel, seule instance habilitée à trancher le débat, décidera s’agissant de « Jamm a Gën 3ème mandat » ?

Il y a également à savoir si le « combat engagé par la « plateforme » est en conformité avec la définition de ce qu’est une société civile.

Quelques questionnements donc, qui amènent à se demander si « Jamm a Gën 3ème mandat » suffira pour mobiliser avec autant d’impact que le slogan « Contre un 3ème mandat » à la veille de l’élection présidentielle de 2012 ; ceci d’autant plus que bien des citoyens estiment que 3ème candidature ou pas, les urnes trancheront. Comme ce fut le cas au détriment du Président Abdou Diouf et de son successeur Me Abdoulaye Wade. 

En somme, il y a à se demander si « Jamm a Gên 3ème mandat » suffira pour s’assurer la paix à la Présidentielle de 2024 ?

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