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Grâce à Khalifa Sall : Macky se libère

Macky Sall a finalement changé de réponse. Moins par ‘’volonté’’ et par ‘’désir’’ que par opportunisme politique, le président de la République a saisi une occasion inespérée pour accorder la grâce à l’ancien maire de Dakar et…se libérer lui-même.

Il ne s’agissait plus d’une question de désir ou de volonté comme il le disait à nos confrères de Rfi, en marge du Sommet du G7, tenu en aout dernier à Biarritz. Il n’a d’ailleurs jamais été question de cela. Après sa réélection, le président Macky Sall n’avait plus de raison évidente de garder Khalifa Sall en prison. Mais, au fil des années, l’ancien maire de Dakar – foncièrement endurant, digne devant l’épreuve, libre dans la tête et la conviction – était devenu si difficilement ‘’libérable’’ qu’il ne se sentait véritablement pas prisonnier.

Cette force et cette grandeur ‘’khalifales’’ faisaient encore baisser la cote d’un président de plus en plus impopulaire, décrié jusque dans (son) Sine et (son) Fouta, conspué ici, chahuté ailleurs. C’est qu’au delà de la condamnation purement politicienne de Khalifa Sall, la malgouvernance, le TER et ses méfaits, l’affaire Aliou Sall/Petro Tim, le fer de la Falémé, le marasme économique, la baisse du pouvoir d’achat dans les villes et la faim dans les campagnes, le chômage endémique, la restriction des libertés individuelles et collectives – emprisonnements à outrance d’opposants et d’activistes –, les drames sociaux liés aux inondations et à l’insécurité, ont lourdement entachée la gouvernance du président Sall. Pour couronner le tout, son épouse dont les frasques avaient été reléguées au bénéfice de l’indélicatesse de son jeune frère, est (re)devenue une proie facile, accessible jusque devant les locaux de l’Onu.

Khalifa Sall libéré, Macky enlève une épine de son pied. Il l’a toujours voulu d’ailleurs. Mais, au risque d’abdiquer honteusement, il ne pouvait le faire si banalement, en s’alignant sur une décision de la cour de justice de la Cedeao, ni sur injonction de l’Onu, ni au sortir du dialogue politique, ni en cédant aux menaces de l’opposition ou encore sur demande tacite de dignitaires religieux du Sénégal, même si ceux-ci ne sont pas aussi ‘’ordinaires’’ qu’il ne le disait. La preuve par l’immense rôle du Khalife général des Mourides, maître d’œuvre des retrouvailles entre Macky Sall et son prédécesseur !

Aujourd’hui donc qu’il a fumé le calumet de la paix avec Me Abdoulaye Wade, dans la ferveur de Massalikoul Jinaan qui a fait vibrer les sénégalaises et les sénégalais de tous bords, il fallait – très vite – battre le fer quand il est chaud, avant que les faucons ne s’en mêlent, que les pyromanes n’attisent les braises. Il a déjà raté plusieurs occasions franches de le faire – le nouvel an, les fêtes de korité et de Tabaski, le décès d’Ousmane Tanor Dieng notamment – et, qui sait ce qu’il adviendrait s’il n’avait pas marqué ce penalty à l’ultime seconde du temps additionnel consacré par les retrouvailles avec le père de Karim Wade ?
Khalifa Sall est donc sorti de prison et il fallait le faire, vite, très vite. Peu importe que l’on soit samedi ou dimanche !

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