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FRANÇOIS MANKABOU : Une nouvelle patate chaude entre les mains de Macky !

La nouvelle est tombée avant-hier 13 juillet, en fin de soirée : le « Vieux gradé », tel qu’on surnommait François Mankabou, a finalement rendu l’âme. Un décès qui intervient pendant que son codétenu dans l’affaire dite des « forces spéciales », Pape Mamadou Seck, « évadé » en détention, selon les gardes pénitentiaires qui ont donné l’information, est au cœur de toutes les polémiques. Une mort donc qui pourrait ajouter aux mots et maux, en pleine campagne électorale.

Feu François Mankabou a été placé sous mandat de dépôt le 25 juin dernier, sous les accusations de “participation à un mouvement insurrectionnel” et “atteinte à la sureté de l’Etat”, entre autres griefs. C’était suite à la manifestation non-autorisée de l’opposition pilotée par la coalition Yewwi askan wi (Yaw) du 17 juin dernier. Il avait été interpellé par les forces de défense et de sécurité avec dix autres personnes, soupçonnées, comme lui, d’appartenir à une « Force spéciale ».

Les accusés de ces graves délits, en détention préventive, pourraient être rejoints par une dame du nom d’Amy Dia dite Nadine, arrêtée suite à une délégation judiciaire du juge du 2ème cabinet dans le cadre de l’instruction de leur dossier, parti pour focaliser les attentions et charrier les passions. Car, si l’administration pénitentiaire soutient que Français Makabou a succombé d’une « mort accidentelle », la famille du défunt, par la voix de son frère aîné, autant que ses camarades dans le parti d’Ousmane Sonko chargent que le sieur Makabou, né en 1971, est décédé dans les services des soins intensifs de l’hôpital Principal de Dakar des suites de “violences et tortures subies en détention dans les locaux de la Sureté Urbaine” du commissariat central de Dakar. Une autre patate chaude, en somme, entre les mains du pouvoir et dans un contexte de campagne électorale pour les législatives du 31 de ce mois.

Patate chaude, puisque son cas préoccupe même « le Roi des Mankagne » : une ethnie qui a ses racines dans la région naturelle de Casamance, que ne porterait pas dans son cœur le président de la République Macky Sall. C’est l’avis du leader de Pastef, Ousmane Sonko, qui a exigé un peu avant l’annonce du décès de Mankabou, que toute la lumière soit faite sur la prétendue « évasion » de Pape Mamadou Seck, malade d’insuffisance rénale, que d’aucuns donnent comme mort. C’est la conviction, d’ailleurs, de deux membres du mouvement « Nitu Deugg », qui avaient effectué ce jeudi le déplacement devant le centre médico-social où se tenait le point de presse de la direction de l’administration pénitentiaire sur l’affaire Pape Mamadou Seck. Ils y étaient pour dénoncer ce qu’ils considèrent être « un mensonge d’Etat ».

Selon Abdou Karim Guèye, leader de ce mouvement, qui a été arrêté en compagnie de son poulain par des agents de la police de Grand-Yoff, le directeur de l’administration pénitentiaire n’a pas dit la vérité sur l’évasion de Pape Mamadou Seck. Car, convaincu que le prévenu Seck, officiellement en cabale, a été assassiné. Ils exigeaient en conséquence la restitution de son corps. Suite à l’annonce du décès de Makabou, Amnesty international, Section Sénégal, rue, également, dans les brancards : « Nous exigeons que toute la lumière soit faite sur les circonstances de sa mort et surtout sur ce qui a pu se passer à la sûreté urbaine de Dakar où il était détenu. Nous dénonçons tous les obstacles qui ont été opposés par l’Etat au médecin mandaté par son épouse pour accéder au malade et à son dossier médical », a fulminé son représentant, ce jeudi 14 juillet, suite à l’annonce du décès de Mankabou.

Puis Seydi Gassama d’Amnesty de renchérir : « La torture est interdite en toutes circonstance et si le dossier médical et l’autopsie – qui ne doit en aucun cas être pratiquée par un médecin désigné par le seul parquet – révèlent qu’il a été torturé, les tortionnaires et l’Etat du Sénégal rendront des comptes ». Comme quoi, la tension est ambiante, dans les couloirs du pouvoir, au-delà de l’administration pénitentiaire.

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