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ECHEC ET MAT CONTRE « DEFIANCE » : Yewwi askan wi en zone vraiment trouble !

La motion « de défiance » n’a pas du tout secoué le pouvoir. Elle a plutôt indiqué que son initiateur, la coalition Yewwi askan wi, est non seulement de plus en plus seule dans le cercle de l’opposition mais également qu’elle doit surveiller ses députés, dont un n’a pas répondu au mot d’ordre de sanctionner Amadou Ba et son gouvernement.

Le 2ème face-à-face hier entre le Premier ministre et les députés, suite à son Discours de politique générale lundi dernier, a comme laminé le groupe parlementaire de l’opposition, Yewwi askan wi (Yaw) qui avait déposé une motion de « défiance » contre son Gouvernement.

Un technocrate harangueur

Amadou Bâ, qui passait jusque-là comme un technocrate a démontré qu’il est un politicien, maître dans l’art de la rhétorique, en se servant de la dénomination de ceux qui cherchaient à déposer son Gouvernement : Libérez le peuple, Yewwi lène askan-wi, de la désinformation, de la manipulation et de l’arrogance comme mode de communication politicienne.
Libérez le peuple, Yewwi lène askan-wi, de la violence verbale, morale et physique comme moyen de pression politique. Libérez le peuple, Yewwi lène askan-wi, de l’impertinence, de l’intempérance et de la communication nébuleuse. 

Libérez le peuple, Yewwi lène askan-wi, du discours de haine et de xénophobie à l’endroit des pays frères et amis partenaires du Sénégal qui contribuent à notre effort de développement ». Des invites qui ont fait applaudir et qui poussent à se mirer.

Et hélas c’est comme qui dirait que toutes les chaines que le chef du Gouvernement demande à leur opposition radicale de briser enchainent, apparemment, celle-ci. Les coups portés par deux de ses députés, actuellement sous mandat de dépôt, contre une de leurs collègues en est une illustration ; autant que les scènes infantiles et violences verbales que bon nombre de ses représentants avaient joué et servi, comme d’autres de Benno, à l’occasion de l’installation de la présente 14ème législature.

Et, la harangue du Premier ministre Ba a eu comme effet de coûter 1 voix au groupe parlementaire qui voulait destituer son gouvernement. Puisque si le nombre total des députés de Yewwi est de 56, ce sont 55 parlementaires qui ont finalement voté pour la motion de censure. Qui est le dépositaire dans les urnes de l’Hémicycle du bulletin qui sanctionne son propre groupe ? Est-ce ainsi le début d’une « majorité responsable et consciente », selon la formule intentionnelle du Premier ministre Amadou Bâ ?

Début d’éclatement, également, de l’inter-coalition Yewwi-Wallu qui avait fait bloc dans les départements à l’occasion des dernières élections législatives du 31 juillet dernier ?

Clap d’une fin ?

On peut s’inquiéter objectivement de l’avenir Yewwi-Wallu, au regard de la justification servie par le président du groupement parlementaire de la 3ème force dans la législature actuelle : « si une partie de l’opposition estime devoir présenter une motion de Censure sans nous la présenter, sans nous impliquer, nous ne pouvons pas participer. C’est pourquoi nous nous sommes abstenus», a souligné Mamadou Lamine Thiam. L’écart est à craindre entre les deux poids lourds de l’opposition, puisque ce même député avait tenu à souligner avant l’annonce de cette décision que leur groupe parlementaire « est un groupe majeur parce que nous sommes à l’Assemblée depuis 1978, et avec l’opposition, nous y sommes ancrés ».

Le clap de la fin, du fait d’une « rédaction hâtive » de sa motion par Yewwi, comme a raillé le chef du Gouvernement ?

En tout cas, le moins que l’on puisse dire c’est qu’avec cet échec et mat contre sa motion de « défiance », Yewwi est vraiment en zone trouble.

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