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Dialogue Politique : L’incontournable question du fichier électoral

Outre la libération de Khalifa Sall et le départ d’Ali Ngouille Ndiaye du Ministère de l’Intérieur, la gestion du fichier général des électeurs est sans conteste l’autre grande équation que doivent résoudre les acteurs du dialogue politique, à moins de cinq mois des élections Locales de décembre 2019. La discussion autour de ce fichier est d’autant plus pertinente que des responsables politiques proches de la majorité présidentielle doutent de sa fiabilité. «Le fichier électoral de Ziguinchor est faux», s’insurgeait Robert Sagna au lendemain du scrutin référendaire du 20 mars dernier. Pis encore, ce fichier, à la merci du ministre de l’Intérieur dont les intérêts électoraux sont d’abord et exclusivement ceux du parti au pouvoir, est susceptible de manipulations à outrance pour une victoire « préfabriquée » pour ne pas dire « technique » du pouvoir comme le disait le candidat Ousmane Sonkon au lendemain de la dernière élection présidentielle. Bien avant ces échéances présidentielles, Aïda Mbodj révélait sur les ondes de Sud Fm : «Il y a une révélation grave qui traduit une situation de fraudes : c’est le décalage entre le nombre de bureaux de vote annoncé par le directeur général des élections (au nombre de 12 381) et celui annoncé par le juge chargé des recensements de vote et de la proclamation des résultats (13 594)». Ainsi, à ce seul niveau, 1213 électeurs seraient en train de flotter. A cela s’ajoutent les autres soupçons et cas de fraudes dénoncés au cours du scrutin présidentielle de mars dernier. Toutes considérations qui amènent l’opposition à réclamer une personnalité neutre et consensuelle pour gérer et sécuriser le processus électoral pour l’égalité des chances de tous les candidats aux élections locales dont les enjeux sont énormes.
Seulement, si le choix d’une personnalité neutre pour organiser les élections et l’audit du fichier électoral restent des points plutôt accessibles, l’idée d’une libération de Khalifa Sall avant terme demeure une véritable gageure. Le président Macky Sall qui n’avait pas entendu les nombreux appels implicites du khalife général des Mourides et l’invite expresse du porte-parole du khalife général des Tidianes, dans l’affaire Karim Wade, n’est certainement pas disposé à faire mieux avec le désormais ancien maire de Dakar dont les recours en justice se succèdent et se ressemblent, à ses dépens. D’où l’impossible consensus qui profile encore à l’horizon et risque d’entacher les joutes de locale de décembre prochain.

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