POLITIQUE
A la Une

Dialogue national et CNRI, même destin ?

Dakarpresse l’a déjà écrit en mai dernier, lors du lancement du dialogue national. Le nom de Famara Ibrahima Sagna décourage toute contestation. Politiquement et techniquement, ce juriste, polyglotte et administrateur civil, entre autres casquettes, a les épaules assez larges et la méthode suffisamment rodée pour la mission que vient de lui confier le président de la République Macky Sall. Voilà 30 ans ou presque que cet octogénaire qui a été l’un des artisans du fameux « gouvernement à majorité présidentielle élargie (avril 1991 – octobre 1992) », est à cheval entre les différentes chapelles politiques. Le choix porté sur la personne de l’ancien président du Conseil économique et social ne pose donc aucun problème. Mieux, outre l’expertise et la légitimité, il a le courage de ses principes. A preuve, il a refusé de bouger le plus petit doigt sans, au préalable, l’onction officielle et actée du chef de l’Etat. Aujourd’hui, qu’il a été officiellement installé, Famara Ibrahima Sagna aura certainement tout ce qu’il lui faut pour concrétiser son ‘’rêve’’ « d’un Sénégal de concorde et de stabilité » au sortir de ce dialogue national. Seulement, peu de sénégalais rêvent, comme lui, d’un dialogue fécond, dont les résultats serviront à améliorer les conditions de vie des populations.

Avec un petit recul, il faut dire que la mise en pratique de la « Charte de bonne gouvernance » issue des « Assises nationales » ou encore le sort que le président Macky Sall a réservé aux recommandations de la Commission nationale de réformes des institutions (CNRI) ne permettent pas cet espoir. Autrement, il est bien difficile de parler de rêve quand la réalité, dans un passé récent, a été aussi cauchemardesque. Alors, même si l’on attend de ces nouvelles concertations nationales des exposés lucides sur une meilleure politique de l’emploi des jeunes, une meilleure considération pour le monde rural, une meilleure gouvernance économique et un meilleur respect des libertés publiques et individuelles, entre autres, on se porterait mieux en évitant d’y attendre quelque chose. Car enfin, le destin du dialogue de Famara Ibrahima Sagna pourrait bien être le même que celui de la CNRI d’Amadou Mahtar Mbow.

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer