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DEMISSION DE L’HEMICYCLE POUR UN RETOUR DANS L’EXECUTIF : Mariama Sarr choisit la République contre le doué confort de la parlote

Ancienne première magistrate de la ville de Kaolack, Mme Mariama Sarr a été, tour à tour, ministre dans les gouvernements d’Abdoul Mbaye, Abdallah Dionne et maintenant d’Amadou Ba. Que de chemin  parcouru par cette spécialiste des Lettres classiques, qui pourrait bien en dire sur les coups bas dans la mare aux crocodiles. Et en sortant de l’Hémicycle pour un retour risqué dans l’appareil gouvernemental, cette ancienne mairesse de Kaolack a fait un choix qui en dit long sur ses convictions politiques.

Mariama Sarr rempile dans l’Exécutif. Cette fois-ci en qualité de ministre de la Formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’insertion. Une confiance renouvelée. Promotionnaire de l’actuel président de la République à l’ex Lycée Gaston Berger devenu Oualdiodio Ndiaye, elle n’a raté sous le magistère de Macky Sall que les conseils des ministres du gouvernement de Mimi Touré. Affaires de femmes aux têtes fortes ?

Elue députée sur la liste nationale de la coalition au pouvoir, cette enseignante de lettres classiques, avant l’avènement de son mentor Macky en 2012, sait se mettre à la hauteur ; pour ne pas dire se tirer d’affaire. Pour preuve, durant son magistère à la tête de la capitale du Saloum, elle en a vu des vertes et pas des mûres. Première femme à devenir édile de Kaolack de 2014 à janvier 2022, Mme Sarr avait essuyé des critiques et fut vouée aux gémonies par des adversaires politiques, assimilés par certains de ses partisans à des «  mouches de coche ». Malgré tout la native du quartier Dialègne sut rester impassible, voire imperturbable.

Telle une eau stagnante dans un étang. Sa gestion de la mairie de Kaolack était le tendon d’Achille par lequel ses détracteurs la prenaient.  Encore que précise une de ses inconditionnelles «  tout était jugements de valeurs». Qui poursuit : « Sur cet aspect rien de concret ne peut remettre en cause sa bonne gestion. Le reste n’est que spéculation ». C’est sans doute pourquoi  la responsable politique de l’Alliance pour la République (Apr) à Kaolack n’a jamais versé dans les débats de bas étages. Elle a toujours su garder de la hauteur et scruter un horizon politique meilleur. Ce fut le cas lors des dernières élections locales : zappée, sur l’avis du Prince, pour postuler à un second mandat à la tête de la mairie de Kaolack, elle était restée zen. Pourtant, à la surprise générale et au grand dam de ses inconditionnelles, un autre candidat a été désigné à sa place par la « seule constante » de la coalition au pouvoir. Mais, la consolation est venue d’une rafale de vent qui finit par emporter l’heureux ou le malheureux choisi par le Prince. Puisque Sérigne Mboup, le candidat de And Nawlé, liste indépendante touchera finalement le Graal.

Touchée certainement dans son honneur, puisque combattue et vilipendée par ceux qu’elle avait couvés et élevées au rang de « faiseur de rois » dans le Saloum, elle est restée stoïque face à cette « faible brise. « Pour dire que des trahisons et des déceptions de tout bord, cette dame en a connues.

Aujourd’hui celle que tout le monde (ses ennemis politiques) attendait au bord de la chaussée faisant de « l’auto-stop politique »,  figure en pole position dans le gouvernement d’Amadou Ba. Mariama Sarr, est le ministre de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’insertion dans ce nouveau gouvernement dit de « combat et d’attaque ». Alors quoi de plus rehaussant pour celle dont on avait programmé  le passage à la « guillotine ». C’est tout simplement une mention très honorable pour son camp.

Un retournement de situation signé contre toute attente, qui atteste du poids politique et de la capacité d’influence de Mme Mariama Sar. Sa démission de l’Assemblée nationale pour un retour dans l’appareil exécutif semble indiquer qu’elle préfère la République au confort doué dans la parlote.

Car si dans le Gouvernement chaque conseil des ministres est sursis non-dit pour tout ministre, l’immunité et les avantages parlementaires durent autant que le temps du mandat. Un choix qui en dit suffisamment sur les convictions politiques de Mme Mariama Sarr.

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