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 DAGANA : Oumar Sarr et Makhtar Cissé dans un duel à mort

Presque dans tous les départements du pays où la coalition présidentielle a raflé les sièges mis en compétition lors des Législatives du 31 juillet dernier, chacun des leaders locaux tente de tirer la couverture de la victoire pour lui et son camp. Le département de Dagana, poumon de la région de Saint-Louis, n’a pas été en reste. Mais si presque partout ailleurs c’est dans l’intention de séduire le Président Macky Sall afin de jouir d’une promotion, dans la capitale du Walo c’est un combat à mort qui se joue entre l’ancien gauchiste reconverti à la sauce libérale depuis le temps du « pape du sopi », Oumar Sarr par ailleurs maire indéracinable de la cité, et le « carriériste » bardé de diplômes : Makhtar Cissé, technocrate et fils du terroir qui ne tient pas à se faire davantage ensevelir. Car sa mort politique assurerait à son « frère ennemi » de l’heure, Oumar Sarr, davantage de longévité dans les arcanes du pouvoir, du Président Sall.

Ministre délégué chargé du Budget, l’élaboration du Plan Sénégal émergent (Pse) né des flancs du Yonou Yokuté » que vendait le candidat Macky Sall lors de la campagne présidentielle de 2012, lui doit une certaine partition. C’est ainsi qu’il deviendra Directeur de cabinet du président de la République, Macky Sall. Mais appelé comme « sapeur-pompier » à la direction de la société nationale d’électricité, Cissé s’éloignera du palais de la République. S’il n’y a pas été éloigné par ceux-là que l’on considère comme des « « faucons » : un terme qui avait jailli sous le régime de Wade jusqu’à faire oublier ceux que l’on nommait les « barons » du temps du Président Diouf. Leur fait ou pas, Makhtar Cissé, qui a passé toute sa jeunesse à étudier pour acquérir des diplômes dans bien des domaines d’intérêt, réussira sa mission de sauvetage de la Senelec jusqu’à revenir dans le Gouvernement en qualité de ministre plein, chargé de l’Energie. A l’époque l’ancien ministre sous Me Wade et ancien gauchiste, l’informaticien Oumar Sarr, se débattait dans l’opposition, avec le lourd fardeau de N° 2 d’un Pds, qui se désagrégeait progressivement depuis sa perte du pouvoir en 2012. Le « diktat » par leur secrétaire général national Me Wade de leur « imposer » son fils Karim, poussera l’ancien étudiant dans la Gauche à mettre sur pied le Parti des libéraux et démocrates And Suqali. Ainsi finira-t-il par se retrouver ministre dans le régime de Macky Sall, sous le magistère duquel il connut même la prison. Et la formule est connue et expérimentée : « J’y suis, j’y reste ».

Contrairement à l’ancien gauchiste, le « carriériste » Makhtar Cissé n’en avait pas jaugé toute la profondeur et pertinence de cette donne politique, puisqu’il sera finalement déboulonné du haut de son fauteuil de ministre, dans un contexte de valorisation du pétrole et du gaz découverts au Sénégal. Ainsi retournera-t-il dans son corps de prédilection : l’Inspection générale d’Etat. C’était sans doute pour avoir le temps pour renouer avec sa base et l’élargir dans le dessein d’un 3ème come-back dans le cercle de l’exécutif. Il y avait même été pressenti comme Premier ministre potentiel. Ce qui, dit-on, lui valut son écartement des affaires, avec Amadou Bâ et Aly Ngouille Ndiaye, en particulier. Le voilà donc qui se dispute avec son concitoyen et non moins maire de leur Dagana, le ministre Oumar, le mérite de la victoire dans leur département aux récentes élections législatives.

A juste raison pour l’un et l’autre. Parce qu’avec la nomination du tout prochain Gouvernement, Oumar Sarr tient à rempiler et Makhtar Cissé revenir en puissance. Et, hélas, qui passera à côté de son objectif, à 18 mois de la fin du mandat actuel de leur mentor, ne pourra que dire adieu aux affaires de la cité. Du moins d’ici la Présidentielle de 2024.

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