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CONTRE UN 3EME MANDAT DE MACKY SALL : Moustapha Diakhaté appelle les sénégalais à lui barrer la route « dès maintenant »

S’il y a un militant de l’Alliance pour la République (APR) qui est foncièrement contre un troisième mandat du président Macky Sall, c’est bien l’ancien président du groupe parlementaire de Benno Bokk Yaakar, Moustapha Diakhaté. Depuis que cette question est à nouveau soulevée dans les débats publics, Moustapha Diakhaté ne cesse, arguments à l’appui, de contre-carrer la thèse de ceux qui militent pour un mandat de plus en faveur du président Sall. Invité de l’émission Face 2 Face » sur la TFM, Moustapha Moustapha Diakhaté est revenu à la charge, plus virulent encore. A entendre l’ancien chef de cabinet du président de la République, « c’est le moment pour les sénégalais de prendre toutes leurs dispositions et de se mobiliser comme il se doit pour empêcher Macky Sall de briguer un mandat de trop ».

Interpellé sur les dernières sorties de l’ancien Premier ministre, Mahamad Boun Abdallah Dione et de l’ancien ministre de l’Intérieur, Mbaye Ndiaye, Moustapha Diakhaté répond : « Pour mieux analyser la dernière sortie de Mohammad Boun Abdalah Dione et Mbaye Ndiaye, il faut l’associer au limogeage de Sory Kaba et à mon limogeage. Ce qui doit être très clair dans la tête de tous les sénégalais, c’est que Macky Sall n’interdit pas un débat sur le troisième mandat, ce qu’il ne veut entendre, c’est qu’on lui dise qu’il ne peut se présenter une nouvelle fois ». « Autrement dit, les sénégalais doivent comprendre que Macky Sall veut un troisième mandat », persiste-t-il.

En conséquence, l’initiateur du mouvement « Manko Taxawu suñu APR » demande aux sénégalais de se lever pendant qu’il est encore temps, pour barrer la route au chef de l’Etat. « Il faut commencer dès à présent pour qu’il enlève cette idée de la tête », suggère l’ancien député. Et, pour mieux étayer son argumentaire, Moustapha Diakhaté rappelle les quinze morts lors des manifestations de 2011. Et, selon lui, « ces martyrs ne doivent pas retourner dans leurs tombes parce que nous aurons laissé passer une troisième candidature ». Convoquant l’histoire, l’ancien chef de cabinet du président de la République rappelle que contrairement au président Wade, le mandat était déjà limité à deux quand président Macky Sall prêtait serment en 2012. « Lorsque Macky Sall a pris le pouvoir, il a renforcé cette disposition. Dans cette même lancée, il a clairement dit, le 31 décembre 2018, qu’il ne demanderait pas un troisième mandat s’il est réélu, donc rien ne devrait le pousser à renier sa parole » argumente-t-il.

A contrario, Moustapha Diakhaté suggère à ses camarades de l’APR « de donner aux sénégalais l’occasion de savourer le plaisir d’un président sortant qui respecte les dispositions constitutionnelles ne lui permettant pas de se présenter, qui organise des élections démocratiques et transparentes et qui remet les rênes du pouvoir au président élu ». Toujours selon l’invité de « Face 2 Face », « si le président sortant ne fait pas partie des élections, cela permettrait aux sénégalais d’assister à un débat sur les projets, les programmes des candidats. Par ailleurs, cela nous permettrait, à l’APR, de préparer un candidat et un programme à présenter aux Sénégalais pour gagner leur confiance. Pour ce faire, il faut que les membres de l’APR qui gardent encore un semblant de dignité, dénoncent le projet de troisième mandat ».

Enfin, Moustapha Diakhaté a lancé un appel aux chef religieux et aux ministres en charge de l’Intérieur et des forces Armées, de prendre la mesure des enjeux. Aux premiers, il leur demande « de dire au président Macky Sall de renoncer au troisième mandat ». « Quiconque parmi eux s’abstient de se prononcer, aura sa part de responsabilité quand le sang va couler au Sénégal », prévient-il. Aux ministres de l’Intérieur et des Forces armées, l’ancien parlementaire leur demande de « s’abstenir à donner des ordre aux policiers et/ou aux gendarmes pour mâter les populations afin que Macky Sall ait un troisième mandat. Que les forces de défense et de sécurité refusent de verser le sang des sénégalais », dira-t-il avant de terminer par appeler les sénégalais à « prendre toutes leurs précautions et à se mobiliser comme il se doit pour empêcher un passage en force du président Macky Sall ». Car, conclut-il, « les mandats et les élections appartiennent au peuple sénégalais ».

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