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Décès d’Amath Dansokho : Un grand monument s’est effondré

Il constituait, avec Abdoulaye Bathily et Landing Savané, le dernier trio de la génération des leaders « clandestins ». Amath Dansokho s’est éteint ce vendredi 23 août à l’âge de 82 ans. Trainant une longue maladie, le leader du parti de l’indépendance et du travail (PIT) de 1984 à 2010 avait les allures d’un centenaire, mais ne manquait jamais les grands rendez-vous de l’histoire politique du Sénégal. Il prenait part aux manifestations, autorisées ou non, et donnait du fil à retordre aux forces de l’ordre qui le suppliaient de rentrer chez lui. Une fois d’ailleurs, au cours d’une manifestation interdite qui se déroulait à la Place de l’indépendance, les policiers étaient obligés de l’exfiltrer au milieu des manifestants, après l’avoir supplié de coopérer.

Elément clé de l’alternance de 2000 dont il finit par dénoncer la gestion par le président Wade, Amath Dansokho n’en demeurait pas moins ami, grand ami d’ailleurs de celui-ci. La preuve, par cet extrait d’un entretien avec L’Obs : « Il (Wade) est très populaire. A partir de 1988, quand on disait que Abdoulaye Wade est là, c’est comme s’il y avait une force surnaturelle qui projetait les gens dehors. Personne n’a eu cela ». Littéralement, il le portait au cœur malgré leurs divergences politiques. L’on se rappelle encore cette pathétique et fraternelle remarque de l’alors président de la République qui avait fait verser des larmes à l’opposant Dansokho, venu (encore) le critiquer, le réprimander même. « Rien qu’à te regarder, on sait que tu es malade. Vas, plutôt, te faire soigner au lieu de rester là à me critiquer », lui aurait suggéré Me Abdoulaye Wade avant de prendre en charge, quelques semaines plus tard, les frais de son hospitalisation à Paris.

Avec Karim Wade également, qui l’appelait affectueusement « tonton », Amath Dansokho entretenait d’excellents rapports. Du reste, même s’il était très dur envers Wade-père, il ne critiquait jamais directement et ouvertement Wade-fils.

Avec la disparition de ce natif de Kédougou, ancien militant du mythique Parti africain pour l’indépendance (PAI) et ancien ministre de l’urbanisme et de l’Habitat sous le magistère du président Abdou Diouf (1991-1995), poste qu’il réoccupera en 2000 sous la présidence de Me Abdoulaye Wade, la classe politique perd un de ses points de repère, un véritable monument de la gauche sénégalaise et africaine, preux combattant de la liberté. La rédaction de Dakarpresse.com présente ses condoléances à sa famille biologique et politique et prie pour le repos de son âme !

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