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Ce n’est pas demain la fin des milices au Sénégal !

Des éléments préposés à la sécurité de l’opposant Ousmane Sonko ont été envoyés à la citadelle du silence de Mbour. Ils comparaîtront mardi pour répondre d’accusations, dont des coups et blessures à l’occasion du passage de la caravane de leur employeur dans la localité de Tchiky. Une interpellation qui ramène dans les débats la question des milices, qui prolifèrent sous nos cieux. Mal nécessaire ou démission de l’autorité chargée de veiller sur la sécurité des personnes et de leurs biens. Ça pourrait bien perdurer !

Quel sera le sort des éléments de la sécurité de Sonko à l’issue de leur défense devant la barre du tribunal de Mbour, le mardi prochain ? Il faudra forcément attendre le verdict de ce procès pour aviser, objectivement. On peut quand même présumer que sanction, il y aura. Comme ce fut le cas avec des gardes de corps du candidat du Pur à l’occasion de la campagne pour l’élection présidentielle de 2019. Leur employeur d’alors, Issa Sall, ne fut pas tellement inquiété, contrairement à eux qui avaient brandi muscles et armes pour le protéger. Les pauvres ! Le plus malheureux des gardes de corps, de plus en plus en vogue, est sans doute feu Ndiaga Diouf : il a été abattu par balle devant la mairie de Mermoz, devant l’édile d’alors Barthélémy Dias.

Le défunt appartenait à ceux que l’on nomme les « calots bleus » : une autre milice dont les origines remontent du temps où l’ancien président Abdoulaye Wade était un farouche opposant du régime socialiste du Président Abdou Diouf. Reconnaissance ou « otage », ses « calots bleus » le suivront jusque dans le palais de la République et dans les rangs des forces de l’ordre républicaines. Est-ce que parce que celles-ci ont toujours laissé casser ou sévi dans l’entourage du candidat voulant remplacer celui qui préside à la vie de la Nation que les opposants sont contraints de s’entourer de milices ? Et, il n’y a pas qu’eux. Car, les milices sont même bien visibles dans des foyers religieux et à l’occasion d’évènements religieux, voire politique. Dans ce dernier cercle, aussi, les « bavures » ne manquent pas. Le centre de « redressement », où étaient détenus des jeunes par la milice d’un célèbre, craint et sollicité marabout-politicien du pays en est une illustration récente.

Pourtant, leur présence menace et accuse, à la fois, la République. Car seules les forces de sécurité officielles sont censées veiller sur la sécurité des personnes et de leurs biens. Leur sous-nombre et réputation de casseurs d’éléments « récalcitrants » ont donc favorisé la prolifération des milices, de plus en plus accusées de « saccages, destruction de biens appartenant à autrui, coups et blessures volontaires ». Le pire pourrait advenir ! Pourtant, bien avant l’actuel ministre de l’Intérieur, son prédécesseur Aly Ngouille Ndiaye s’était juré de mettre « hors d’état de nuire » les milices. Quid de l’actuel locataire du palais de la République, quand il était à cette « station » ?  D’où la question de savoir si les milices sont devenues un « mal nécessaire » ? Un mal nécessaire ? « Mal », pour les « simples citoyens » et leurs biens ? « Nécessaire », pour ceux qui aspirent au pouvoir spirituel et temporel et ceux qui s’y prélassent, fermement ? Sans doute. Ainsi donc, s’agissant des milices, ce n’est pas demain la fin.

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