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Discrédit sur le père, l’opprobre sur la fille de Mame Mactar Guèye !

À force de vouloir plaire à Macky Sall, qui lui a offert le Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT) sur un plateau d’argent, après lui avoir réservé un poste ministériel dans ses différents gouvernements depuis 2012, l’ancienne mairesse de Louga a osé franchir le rubicond en proposant un « statut spécial » pour Dakar et, implicitement, la nomination de son maire par décret. Une proposition pour le moins saugrenue, dégradante pour la démocratie sénégalaise qui, le cas échéant, serait ramenée à l’âge de la pierre taillée.

Heureusement la démocratie, Aminata Mbengue Ndiaye est restée seule, bien seule dans cette proposition qui finalement n’engage (plus) ni l’APR, ni l’AFP, ni ce qu’il reste du PIT, ni aucun autre parti de la coalition de la majorité. La bonne dame va donc devoir user d’acrobaties pour sortir des rets dans lesquels elle s’est empêtrée en voulant danser plus vite que la volonté de son bienfaiteur, Macky Sall qui lui a sauvé la vie politique. Mais, l’inanité de la présidente du HCCT a été très vite enrayée par cette sortie pour le moins hasardeuse du nouveau gardien de la parole de notre chère police nationale.

S’il est permis d’oublier un peu la peau d’Aminata Mbengue Ndiaye c’est que sa bourde a été au moins atténuée, pour ne pas dire reléguée au bénéfice d’un zèle inexplicable du patron des relations publiques de la police sénégalaise. En un rien de temps, le lieutenant Ndiassé Dioum a réussi à cristalliser la risée publique, pire que le SG intérimaire du parti socialiste. Aminata Mbengue Ndiaye peut ainsi s’estimer heureuse s’il y en a qui peut descendre plus bas qu’elle !

Le tout nouveau porte-parole de la police, sans doute pour montrer à ses supérieurs qu’il est bien « dans son élément », a cru bon de devoir remettre à sa place Mame Mactar Guèye, donneur public de leçons qui ne prendrait même pas le soin de balayer devant la chambre de sa fille qui se tape une nuit d’auberge avec son amant.

Oublions l’identité du père de Fatou Binetou Guèye, passons sur l’endroit où cette gamine aurait passé la nuit, passons enfin sur le prétexte et le contexte de sa disparition, pour nous intéresser à la révélation publique d’éléments d’une instruction à peine ouverte. L’on se rendrait compte que la gravité des révélations des tous premiers éléments de cette enquête se mesure à la hauteur de son…auteur : porte-parole de la police ! De telles révélations publiques, émanant d’une telle autorité, pourraient être plus dangereuses que le mobile même de la disparition de la fille du vice-président de l’ONG JAMRA. Alors, voudrait-on jeter le discrédit sur le père, et l’opprobre sur la fille qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Porte-parole de la police !!! Qu’elle est délicate cette mission qui requiert tact et intelligence, méthode et raffinement, culture et modération ! C’est une affaire de pro, la com’ ! Et, le minimum pour celui qui la gère, c’est de savoir dominer ses pulsions, en tout lieu, en toute circonstance. Voilà pourquoi on regrette déjà l’ancien colonel Aliou Ndiaye et, dans une moindre mesure, le commissaire Tabara Ndiaye. Leur style était plus abouti et ils n’ont jamais eu besoin de faire le tour des rédactions pour prouver qu’ils pouvaient porter très haut la parole d’une police sénégalaise loin d’être la mieux aimée au monde.

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