Périscope 
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Au-delà de l’affaire Aliou Sall…!

Le procureur a parlé. Et, depuis, tout le monde parle de sa prestation. Les observateurs avertis ne l’attendaient qu’avec un mince espoir de le voir entrer dans le fond des choses. Ceux-ci comprennent comment fonctionne le système et, savent qu’il ne pouvait en être autrement. Au finish donc, Serigne Bassirou Guèye aura juste caressé l’affaire Petro-Tim dans le sens du poil, conformément à une ligne…éditoriale propre au Parquet. Qu’à cela ne tienne ! L’histoire a retenu son nom, surtout, après les derniers développements fournis par Clédor Sène qui, répondant volontiers à l’«appel à témoins» lancé par le maître des poursuites, a été diplomatiquement éconduit par les policiers de la Division des investigations criminelles.

A entendre M. Sène, les policiers disent n’avoir pas été saisis d’une quelconque enquête concernant l’affaire Petro-Tim. On manque de qualificatif pour ce fait assez singulier. D’ailleurs, qu’est-ce qui peut justifier ce scénario ‘’wiri-wiri’’ qui suggère d’appeler des «connaisseurs» – terme que nous empruntons au procureur – à déposer des témoignages à la police, alors que des personnes ont été nommément citées comme acteurs principales et complices d’un crime financier sans précédent ? Venant d’un procureur, un « appel à témoins » laisse vraiment pantois. Et, voilà pourquoi quand on a l’occasion d’écouter certains juges de la trempe de Serge Tournaire – qui a mis en examen l’ancien président Français Nicolas Sarkozy dans l’affaire Bygmalion –, on rêve de voir les nôtres se hisser à la hauteur des défis qui interpellent leur rang de défenseurs de l’Intérêt général, d’avocats de la société ; une société à la merci des prédateurs de ressources publiques, des criminels à col blanc nichés dans les repaires du monde des affaires et de la politique.

Au-delà de l’affaire Aliou Sall, on attend plus rien de la justice, il faut placer le rôle de cette institution dans une perspective plus large et instituer de véritables réformes du système pour accompagner le flot de gaz et de pétrole. Autrement, les enjeux socio économiques et géostratégiques futurs commandent une véritable indépendance du procureur qui doit impérativement s’émanciper d’une tutelle politique trop contraignante, trop envahissante et trop orientée. Cette réforme englobera bien sûr le renforcement de la capacité des magistrats, leur motivation.

On en arrivera ainsi à ce stade révolutionnaire d’une justice constamment en rapport avec le droit, une justice équilibrée, qui ne rende compte à aucun gouvernement, à aucun groupe de pression. Sinon, les appréhensions des justiciables «ordinaires» seront toujours plus accrues. On émettra toujours des réserves sur la capacité de cette justice à prendre la hauteur nécessaire pour mener à bien les procédures adéquates sur les affaires du genre Petro-Tim qui impliquent de gros bonnets de la République. L’on aura toujours ce pressentiment d’une justice à double vitesse dont la marche est disciplinée selon la tête du client ; surtout si ce client bien particulier, répondant du nom d’Aliou Sall, est le petit frère du président de République qui ne cesse de nous le rappeler !

 

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