MONDE
A la Une

LIBAN : “La corruption se trouve dans tous les coins et recoins de l’Etat” (Hassane Diab, Premier ministre)

Six après l’explosion à Beyrouth, le Premier ministre libanais a présenté la démission de son gouvernement. Une décision qui est pourtant, loin de satisfaire les milliers de libanais qui réclament la démission de tout le Gotha politique de ce pays en proie à un vaste système de corruption.

160 morts et au moins 6000 blessés. Le bilan est lourd de l’explosion de deux entrepôts où étaient stockés des produits toxiques au port de la capitale libanaise. Cet évènement a accéléré la démission du Premier ministre Hassane Diab qui dénonce la corruption et accuse la classe politique d’être “la cause de ses échecs”. “La corruption se trouve dans toutes les administrations et dans tous les coins et recoins de l’Etat. Et, j’ai trouvé que cette corruption est beaucoup plus grande que l’Etat lui-même. Nous avons voulu justement faire le changement que le peuple libanais a demandé. Et, pour ne pas être une entrave à ce changement, nous avons présenté notre démission”.

Mais, cette démission du gouvernement est loin d’être satisfaisante pour de nombreux libanais qui réclament la démission de toute la classe politique. Parmi les hommes politiques qui sont dans le viseurs des manifestants, les oligarques du Liban : du président de la République, Michel Aoun à ses hommes d’affaires, ancien chefs militaires qui, chacun à la tête de sa communauté, “tient et profite du système libanais”. Parmi eux, cite la même source, Nabih Berri un chiite qui dirige le Parlement libanais depuis 27 ans. Ce millionnaire est accusé par les manifestants de corruption. Berri, aurait la mainmise sur plusieurs institutions comme la sécurité sociale au Liban. Selon Mohsen Dalloul, ancien ministre de la défense et de l’agriculture, Nabih Berri “utilise son clientélisme pour étendre son influence”. “Si quelqu’un veut du travail, il demande à Nabih Berri, qu’il soit docteur ou autre et ensuite il lui sera redevable. Dans une certaine mesure, ils sont tous corrompus”.

Dans la même lancée, la directrice des politiques de l’ONG Kulluna Irada, Mme Sibylle Rizk, précise : “Le procureur est nommé par un porche de M. Berri ; personne ne fera des poursuites contre son leader, son chef de clan. Voilà comment fonctionne le système ; il est circulaire (et) verrouillé de tous les côtés”. Tous ces oligarques libanais se soutiennent entre eux, pour ne pas perdre le pouvoir, ce qui rend un changement profond au Liban très compliqué.

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer