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« Les quatre Temps du 3ème mandat » (Colonel Maïga, Pm Mali)

Le discours du Premier ministre malien par intérim, le Colonel Abdoulaye Maïga à Tribune de l’Onu lors de la 77ème Assemblée générale de l’institution, résonne encore dans les mémoires. Mais, dans les oreilles du Président Ouattara, ça bourdonne sans doute et pour longtemps encore.

Tout est partie entre les deux hommes, d’une remarque du président ivoirien. Alassane Dramane Ouattara, dans son discours a interpellé les autorités de la transition malienne en leur demandant notamment de respecter le calendrier de la transition. « Mon pays encourage les autorités maliennes à concentrer leurs efforts sur la lutte contre le terrorisme et à mettre en œuvre de façon résolue, les différentes étapes du chronogramme de la transition ainsi que les réformes politiques et intentionnelles en vue des élections présidentielles prévues en février 2024 », a notamment dit ADO. Une invite que le Premier ministre malien appréciera à sa manière avant d’y répondre. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est que le Colonel Maïga, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Il dit :

« Je saisis cette opportunité qui m’est offerte pour remercier chaleureusement notre respecté aîné, Son Excellence le Président Alassane Dramane Ouattara pour les sages et éclairés conseils qu’il nous a prodigués dans son allocution mémorable à cette 77ème Session de l’assemblée générale des Nations Unies. Je voudrais le rassurer que les autorités de la transition malienne ont d’autres objectifs que de faire réformes institutionnelles avant d’organiser des élections, tout en luttant obstinément contre le terrorisme. Ces réformes permettront d’améliorer la gouvernance et toutes les dispositions seront prises pour que la démocratie malienne soit la plus enviée au monde. Dans ce chantier, nous prêterons une attention particulière au troisième mandat qui ne sera pas possible.  Le troisième mandat, pour un public moins averti, consiste pour le président de la République, d’effectuer une manœuvre en quatre temps en vue de conserver le pouvoir pour lui seul et son clan.

Premier temps : Presqu’en fin de second mandat – donc en principe, non rééligible – il s’agit pour le président de la République sortant de déclencher une révision constitutionnelle de manière non consensuelle. Deuxième temps : au cours de cette révision constitutionnelle, le président de la République sortant modifiera quelques dispositions constitutionnelles.

Troisième temps : Une fois la nouvelle constitution adoptée – sur fond de crise politique, naturellement – le président sortant devient candidat, en violation de la limitation du nombre de mandats à deux. Sa candidature sera alors justifiée par l’adoption de la nouvelle Constitution et le prétexte est tout trouvé : la limitation du nombre de mandat à deux concernait l’ancienne Constitution ; par conséquent, il est candidat, au regard de la nouvelle Constitution adoptée.

Quatrième temps : Une farce électorale est organisée – forcément il remporte les élections – et s’ensuit une chasse impitoyable aux opposants politiques dont certains sont arrêtés, d’autres s’exilent et d’autres assassinés. Les adhésions sont obtenues grâce au pouvoir de l’argent, le clientélisme et les intimidations. Dans un langage plus simplifié, en référence à une métaphore footballistique, le troisième mandat est une magie : c’est l’art de se dribbler soi-même tout en gardant le ballon.

Excellence Monsieur le Président Ouattara, vos conseils nous rappelle la triste histoire du chameau qui se moque de la bosse du dromadaire. Malgré les efforts tangibles de la transition malienne, dans la mise en œuvre du chronogramme des réformes politiques et institutionnelles et celui des élections salué par la communauté internationale, Mme la ministre des affaires étrangères de la junte française à qui le Mali n’a pourtant rien demandé, a estimé qu’il n’y avait pas eu de progrès ou bien que nul ne peut aimer le Mali plus que les maliens eux-mêmes. Sa position singulière et son adversité guère. Victor Hugo, dans Claude Gueux, a classé le genre humain en deux catégories en indiquant : « il y a des hommes qui sont fer et des hommes qui sont aimant ». Madame le ministre dont il s’agit, malheureusement, n’est ni fer, ni aimant ; elle est hideusement sui generis ».

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