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DE DAKAR A YAOUNDE : Une jeunesse africaine hostile au président Macron

Emmanuel Macron n’est pas le mieux aimé des présidents français en Afrique. Si au Sénégal son magistère coïncide avec la montée en force du mouvement « FRAPP/France dégage » qui l’accuse d’ailleurs d’être derrière le maintien en prison de l’activiste Guy Marius Sagna, ou encore le mouvement citoyen continental « Urgences Panafricanistes » qui l’accuse d’être derrière l’arrestation de Kémi Séba samedi dernier à Dakar, au Sahel, l’appel est de plus en plus incessant pour un départ définitif des français. Ce qui avait d’ailleurs amené le président Français de « convoquer » à l’Elysée les présidents du G5 pour leur demander d’afficher une position claire et nette sur la question du retrait ou non des soldats français. A Dakar ou à Yaoundé, le discours est de plus en plus hostile à Macron, surtout quand le chef de l’Elysée se permet d’exhiber une certaine « influence » sur le président Camerounais Paul Biya.

Alors qu’il pensait sans doute bien faire en promettant à un activiste camerounais de mettre « le maximum de pression » sur son homologue camerounais, Paul Biya, la réplique ne s’est pas faite attendre dans les rues de la capitale camerounaise où des centaines de jeunes ont manifesté dans le calme devant l’ambassade de France à Yaoundé. Les manifestants qui s’indignaient ainsi des propos de Macron tenus samedi dernier en marge du Salon de l’agriculture, n’arrêtaient pas de chanter et de danser en l’honneur de leur président
s’indignant de propos du président français, qui a promis samedi de mettre la « pression » à son homologue camerounais Paul Biya.

Si parmi les manifestants (400 à 600 selon la police et la gendarmerie) certains brandissaient le drapeau camerounais, d’autres par contre tenaient des pancartes hostiles au chef d’Etat français. « Monsieur Macron, mêle-toi de tes oignons » ou encore « Monsieur Macron, le Cameroun n’est pas un Dom-Tom » (départements et territoires français d’Outre-Mer), lisait-on sur certaines pancartes.

Cité par L’Express, Souley Aboubakar, président d’une des associations des jeunes partisans du président Biya, à l’origine de ce rassemblement, rappelle le sens de leur présence devant la représentation diplomatique. « Nous sommes ici pour riposter aux propos de Macron parce qu’il a manqué de respect à notre patriarche (Paul Biya) », a-t-il expliqué, invitant le président Macron à « respecter » son homologue camerounais. « Nous ne sommes pas une province de la France. Le Cameroun est un Etat souverain, indépendant depuis 1960 », a-t-il poursuivi, invitant Emmanuel Macron à présenter « des excuses ».

Pour rappel, samedi dernier, le président Macron avait promis à un activiste camerounais qui l’avait interpellé à Paris, en marge d’une visite au Salon de l’agriculture, de mettre « le maximum de pression » sur Paul Biya pour que cessent « des violences au Cameroun, qui sont intolérables ».

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