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Jaques Diouf, faim d’une vie !

« La planète produit suffisamment d’aliments pour que tous ses habitants puissent se nourrir convenablement ». Nous avons cité Jacques Diouf dont le nom est presque « étymologiquement » collé à la FAO, l’organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture où il a passé près de deux décennies et fut un véritable point de repère. Dans ce vaste périmètre, Jacques Diouf a battu bien des records tant en termes de longévité qu’en termes de quête et de conquêtes d’un meilleur monde, un monde où la répartition des richesses serait meilleure.

Il ne pouvait en être autrement pour ce Docteur en économie rurale et ingénieur agronome, qui a bourlingué un peu partout à travers le monde pour porter le message des populations des zones déshéritées, en proie à la faim, à la soif, sous la menace éternelle de la famine.

Né à Saint-Louis du Sénégal le 1er aout 1938, à l’époque où la vieille ville était encore un centre d’élégance et de bon goût, Jacques Diouf a emprunté un chemin royal après un brillant parcours universitaire entre la France et le Canada. Homme politique de haut rang, il a su traverser tous les régimes et côtoyer tous les présidents de la République du Sénégal. Secrétaire d’Etat sous Senghor, il fut ministre, diplomate, député…banquier, dans une moindre mesure (NDLR : il a été secrétaire général de la BCEAO sous Alassane Dramane Ouattara). Il ne lui manquait donc que le titre de président de la République pour couronner son riche parcours. Titre que d’aucuns lui ont suggéré de conquérir.

Nous sommes en 2011, au dernier semestre de l’année, à quelques mois de la présidentielle de 2012. Dans une effervescence politique marquée par d’interminables tergiversations au sein de l’opposition dite « significative » et un sempiternel yoyo entre Moustapha Niasse et feu Ousmane Tanor Dieng, candidats des deux « plus grandes coalitions », les noms de Lamine Diack et…Jacques Diouf sont souvent cités pour porter la candidature « de l’unité et du rassemblement » et aller à l’assaut de Me Abdoulaye Wade, dont les dernières années du mandat avaient été minées par un houleux débat sur la légalité ou non de sa candidature et la théorie de la succession dynastique du pouvoir. A l’époque, une candidature de Jacques Diouf serait d’autant plus plausible face à Wade que les relations entre les deux hommes étaient certes correctes, mais pas enthousiastes. Finalement, le 1er ne posera jamais sa candidature face au second.

L’alternance alternée en mars 2012, Jacques sera cependant très vite rappelé aux affaires sénégalaises, aux côtés du président Macky Sall. Nouvellement élu, celui-ci le nomma « conseiller spécial ». Hélas, la collaboration entre Jacques-le-jovial et le président Sall ne dura que le temps d’une rose. « Sous utilisé, disent les mauvaises langues », il finit par démissionner en novembre 2013 et retourner à ses vielles amours.

Depuis, il fut moins audible – sans doute le poids de l’âge et de la fatigue – jusqu’à l’annonce de son décès ce samedi 17 août. Sans laisser transpirer le moindre signal, Jacques, qui ne pouvait « supporter l’image d’un enfant qui risque de mourir de faim », est parti sur la pointe des pieds, deux semaines après avoir souffler sa 81e bougie. Il est parti, la tête haute et laisse un tiers-monde orphelin lui qui a consacré toutes les fibres de son Etre à la combattre la faim et les inégalités.

 

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