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Exploitation de l’or à Tamba : Mamadou Lamine Diallo, son épouse et le «permis» de Madina

Les diverses enquêtes et plaintes annoncées par les différentes parties permettront certainement de faire la lumière sur les accusations formulées par la Bbc contre Bp, Frank Timis, l’Etat du Sénégal et Aliou Sall. En attendant, un détail interpelle. En effet, dans le reportage de la Bbc, l’un des intervenant se trouve être Mamadou Lamine Diallo, leader du Mouvement Tekki. Ce dernier est-il bien placé pour parler de népotisme présumé dans la gestion de nos ressources? Beaucoup de connaisseurs en rigolent et disent que non.

Et pour cause, d’après Libération, Mamadou Lamine Diallo a fait face à de graves accusations du journaliste et homme politique El Malick Seck. C’était à travers un texte publié dans plusieurs sites que le conseiller municipal de Thiès écrivait : “Le député Mamadou Lamine Diallo a cru bon de déclarer qu’il faudrait éviter ce qui se passe à Brazzaville où une seule famille gère le pétrole. En écoutant cette déclaration, ceux qui qui connaissent l’histoire de Mamadou Lamine Diallo avec l’or du Sénégal, ont bien rigolé. Donc, il est bon de lui rappeler et de révéler à l’opinion ce qu’il a fait avec le métal précieux quand il était conseiller technique du Premier ministre et également Président du Conseil général des mines à la fin des années 90“, avançait-il. Avant d’ajouter qu’à l’époque, Mamadou Lamine Diallo avait usé de sa position pour octroyer un permis de recherche pour or à la société International mining company (IMC) qui serait contrôlée par son épouse.

Les investigations supplémentaires menés par le journal, afin de vérifier l’exactitude ou non de ces informations, établissaient qu’à cette époque où Mamadou Lamine Diallo était conseiller technique du Premier ministre et président du Conseil général des mines, par décret n°97-797 du 7 août 1997, un permis de recherche pour or et substances connexes avait été effectivement accordé à la société Imc dans la Région de Tambacounda (permis Madina). La société était logée au 5 rue Victor Hugo avenue Léopold Sédar Senghor (ex Avenue Roume) à Dakar. Mieux, c’était Leo Shield Ltd, par l’intermédiaire de la JV Occidental Gold Senegal SARL, qui avait mené les opérations de recherches. Un montage complexe pour ne pas dire troublant.

Comme le révélait un décret en date du 4 juillet 2003 pris à l’époque par Me Abdoulaye Wade et contre signé par un “camarade” de Mamadou Lamine Diallo dans l’opposition : Idrissa Seck alors Premier ministre. Le décret se veut clair : “International Mining Company (IMC) est une société minière de droit sénégalais détentrice d’un permis de recherche pour or et substances connexes dit permis « Madina » octroyé par décret n° 97- 797 du 7 août 1997. La Société est basée au 5 rue Victor Hugo avenue Léopold Sédar Senghor (ex Avenue Roume) à Dakar.

Malgré la lettre de mise en demeure en date du 13 mars 2001 par laquelle la société International Mining Company (IMC) était invitée à prendre toutes les dispositions nécessaires pour démarrer les travaux de recherche dans le périmètre dudit permis, aucune activité de terrain n’a été notée jusqu’à ce jour. Par ailleurs, IMC n’a pas sollicité une demande de renouvellement du permis de Madina arrivé à expiration depuis le 6 août 2001. Aussi, «conformément à l’article 23 de la loi portant Code minier, il y a lieu de procéder à l’annulation du décret susmentionné. Telle est l’économie du présent projet de décret portant annulation du permis de recherche minière dénommé Madina“, disait le document.

En clair, le permis avait été attribué à une société incapable de respecter ses engagements malgré les relances. On espère que Mamadou Lamine Diallo va enfin apporter des réponses sur ce boulet qu’il traîne au lieu d’accuser “le régime de sortir des informations contre lui via ses médias“, ce qui serait une subtile manière de se débiner sans donner des explications plausibles aux Sénégalais. Quid de Sored Mines, la société de recherche pour or dans laquelle Abdoul Mbaye, l’autre intervenant de l’enquête de la BBC, détenait des parts ? À suivre.

Libération

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