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OFNAC : Un bilan mitigé, la corruption toujours en roue libre au Sénégal (1/5)

A la tête l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) depuis 6 ans, le mandat de Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté à la tête de cet organe a officiellement pris fin hier, 26 juillet 2022. La patronne de l’Ofnac dont le mandat a été renouvelé le 27 juillet 2019 par décret nº2019-1306 a remis une trentaine de rapport au procureur de la République. Mais, la plupart des dossiers sont classés sans suite. Alerte Quotidien pose le débat sur l’utilité de cet organe de contrôle dont les rapports d’enquête dorment dans les tiroirs. 

Plusieurs scandales financiers ont été découverts par l’Ofnac dans ses enquêtes. Mais la quasi-totalité n’a pas connu une suite judiciaire. Le dossier du centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud) peut en être une illustration parfaite. En 2016, les services de Nafi Ngom Keita, première personnalité à diriger cet organe en 2012, avaient épinglé la gestion de l’alors directeur général du Coud Cheikh Oumar Anne. Mais, au lendemain de la publication du rapport de l’Ofnac accablant sa gestion, ce proche du président Macky Sall avait menacé de porter plainte contre cette structure, pour violation du secret professionnel. Mieux encore, ce dernier a été promu ministre de l’enseignement supérieur.

En ce qui concerne cette plainte, le juriste Seybani Sougou avait clairement expliqué que, selon les dispositions de la loi, Nafi Ngom Keita ne pouvait être poursuivi ou jugée pour des actes liés à l’exercice de sa fonction à l’Ofnac. « La loi n°2012-30 du 28 décembre 2012 fixe en ses articles 2, 3, 12 13, 14 et 15 les missions et prérogatives de l’Ofnac qui dispose d’un pouvoir d’auto-saisine et de saisine des autorités judiciaires. Ces dispositions sont complétées par la loi n°2014-17 du 02 avril 2014, relative à la déclaration de patrimoine et son décret d’application n°2014-1463 du 12 novembre 2014 » avait expliqué le juriste.

« L’article 9 de la loi n°2012-30 du 28 décembre 2012, dispose que les membres de l’Ofnac ne peuvent être poursuivis, recherchés, arrêtés ou jugés à l’occasion des avis, opinions qu’ils émettent ou pour les actes ou décisions qu’ils prennent dans l’exercice de leur mission. C’est clair, net et précis », avait-il précisé. Après cette épisode de l’ancien directeur du Coud, le beau-frère du président de la République, Mansour Faye, avait également défié l’Ofnac après que les contrôleurs ont ouvert une enquête sur sa gestion du programme alimentaire d’urgence, qui s’élève à 69 milliards, dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.

« Si l’Ofnac me convoque, je n’irai pas. L’Ofnac n’a pas vocation à convoquer un ministre. Ça ne fait pas partie de ses compétences. En tant que ministre, je ne répondrai pas », avait laissé entendre le ministre du Développement communautaire, de l’équité sociale et territoriale. Ce qui contribue déjà à décrédibiliser ce corps de contrôle voué aux gémonies par les détracteurs du régime de Macky Sall.

 

 

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