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DETTE PUBLIQUE : L’ardoise du Sénégal lourde de 11 326  milliards Cfa

En septembre dernier, le rapport de la Banque mondiale sur la situation économique du Sénégal estimait la dette publique à 73,2% du PIB en 2021. Un pourcentage qui révélait une augmentation de près de 10 points depuis 2019. Le même rapport projetait un stock de dette publique à hauteur de 75, 1% du PIB en 2022. Au premier semestre de cette année, le Sénégal a fait bien moins : aujourd’hui, selon les services du ministère des finances, la dette publique s’élève à 11 326 milliards, soit 67% du PIB. Mais, le risque est bien réel d’atteindre voire dépasser le seuil communautaire. Et pour cause !

En valeur relative, la dette publique du Sénégal est bien loin des prévisions de la Banque mondiale qui plaçait la barre bien au-dessus du seuil communautaire (70%) retenu par l’union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). Mais, si l’on y prend garde, le rythme croissant de l’encourt de la dette risque de propulser le pays au-dessus de ce plafond. Déjà, le Sénégal qui totalise une dette publique de 11 326 milliards de francs Cfa, soit 67% au premier semestre de 2022, n’est qu’à trois petits points dudit seuil. Selon la direction de la dette, le stock a flambé de 10% en moins de 6 mois, entre fin 2021 et fin juin 2022.

Plus soutenue, la dette extérieure demeure plus onéreuse, se chiffrant à 8076 milliards de francs Cfa à la fin du mois de juin. Comparé aux 7434,6 milliards enregistrés à la même période l’année dernière, elle révèle ainsi une hausse de 8,63% en valeur relative. Quant à la dette intérieure, elle se chiffre à 3 250 milliards en fin juin 2022 contre 2 329,5 milliards de francs Cfa à fin juin 2021 ; soit une hausse de 39,5%. Lors de la réunion du Conseil des ministres qu’il a présidé hier au Palais, le chef de l’Etat a invité le chef du gouvernement, en rapport avec les ministres en charge des finances, de l’économie et des PME à « consolider des relations soutenues entre l’Etat et le secteur privé national dans l’esprit du Plan Sénégal émergent ».

Cette consolidation, appelle sans doute une prise en charge diligente de la question de la dette et d’une plus grande ouverture de la commande publique au secteur privé national. Pour en revenir à la dette publique extérieure, les services du ministère des finances n’ont pas manqué de rappeler les risques qu’elle comporte. Sous ce rapport, révèle la direction de la dette, le risque de taux de change vient en pole position, puisque le portefeuille de la dette est libellé à 76 % en devises étrangères, dont 41% en dollars et devises assimilées, entrainant ainsi une forte exposition au risque de taux de change. Un autre risque est lié au « refinancement » ; en effet, « 10,9% de la dette intérieure devrait arriver à échéance dans un an » avec une maturité moyenne de 3,6 ans.

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