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Croissance : La Banque mondiale revoit les ambitions du Sénégal à la baisse

Dans son message à la nation délivré le 31 décembre dernier, le président Macky Sall insistait sur la résilience de l’économie sénégalaise au moment où de nombreuses économies du monde sont en stagnation ou en récession. Mieux le chef de l’Etat annonçait un taux de croissance de plus de 10% en 2023, porté notamment par l’exploitation des ressources pétrolière et gazière. Un objectif dont la réalisation est cependant loin d’être évidente. La Banque mondiale annonce, en effet, un rythme de croissance mondiale ralenti. Le Sénégal n’est pas en reste. 

Le rythme de la croissance mondiale devrait ralentir à 1,7 % en 2023, soit son troisième niveau le plus faible en quasiment trente ans, derrière les récessions mondiales de 2009 et 2020. Selon la Banque mondiale (Bm), « ce ralentissement est dû en partie au resserrement des politiques budgétaires et monétaires visant à juguler la forte inflation ». Rappelant que « tout choc défavorable, tel qu’une aggravation de l’inflation, un durcissement des politiques économiques ou des tensions financières, pourrait plonger l’économie mondiale dans la récession », la Banque mondiale incite les gouvernements à « agir » en urgence « pour atténuer les risques de récession mondiale et de surendettement ».

« Les responsables publics devront veiller à orienter toute mesure de soutien budgétaire vers les groupes vulnérables, à maintenir l’ancrage des anticipations d’inflation et à préserver la résilience des systèmes financiers », suggère l’institution dans son rapport sur les « Perspectives économiques global » publié en janvier 2023. Selon la même source, les prévisions de croissance pour les deux prochaines années « se sont détériorées » par rapport aux anticipations du mois de juin. Et, ajoute le document, « le resserrement des politiques monétaires et le durcissement des conditions financières pèsent sur la croissance, en particulier en Amérique latine-Caraïbes, en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne ».

Au Sénégal, en attendant les incidences positives du début de l’exploitation des ressources gazières et pétrolières, plombe de plus en plus une économie sans doute « résiliente » comme le dit le président Macky Sall mais, qui tend vers l’essoufflement. En attendant, la hausse des prix des denrées, articulé à celle du carburant et de l’énergie, le tout combiné à un renchérissement de plus en plus soutenu du coût de la vie devraient inexorablement impacter la productivité et inciter le Gouvernement à revoir ses ambitions à la baisse. Selon la Banque mondiale, en Afrique subsaharienne, la croissance devrait se modérer pour s’établir à 3,6 % en 2023, puis à 3,9 % en 2024.

Plus encore, la synthèse régionale établie par l’institution de Breton Woods fait état d’une croissance « revue à la baisse pour près de 60 % des pays, y compris pour plus de 70 % des exportateurs de métaux qui devraient être pénalisés par la poursuite de la baisse des cours mondiaux ». Et, l’impact négatif de la pauvreté persistante et de l’insécurité alimentaire sur la croissance, amplifié par d’autres facteurs de vulnérabilité tels que les conditions météorologiques défavorables, l’endettement élevé, l’incertitude politique, la violence et les conflits, entre autres ne sont pas pour arranger le cours des évènements. Parmi ces facteurs, certains – l’instabilité politique notamment – guettent le Sénégal qui, selon les prévisions de la Bm, pourrait envisager un taux de croissance de 8,0% en 2023. A la condition de rester dans la zone de stabilité politico-institutionnelle lui permettant de viser un taux de croissance de 10,5% en 2024, selon les mêmes sources.

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