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Commercialisation de l’arachide : Quand l’Etat traque ses paysans !

Pour ne pas compromettre la production des huiliers et dégarnir les banques de semences, l’Etat a décidé de traquer les paysans qui seraient tentés de vendre leurs graines aux chinois, pourtant plus offrant. Une situation décriée par les producteurs qui souhaitent plutôt que l’Etat s’aligne au prix du marché proposé par les acheteurs étrangers, au grand bénéfice des paysans qui n’ont que leurs récoltes pour vivre.

Pour remettre la campagne de commercialisation de l’arachide à l’endroit, l’Etat a tout simplement décidé de traquer les paysans tentés de vendre leurs graines aux mieux offrant. Comment en est-on arrivé là ? En effet, comme chaque année, le comité national interprofessionnel de l’arachide (CNIA) a proposé à l’Etat qui l’a accepté d’acheter le prix du kilogramme d’arachides à 210 francs FCA. Jusque-là rien de particulier, surtout que l’année dernière, le même prix avait été adopté et la campagne s’était plutôt bien comportée, malgré quelques impairs. Mais, cette année, la donne a totalement changé. En effet, des acheteurs internationaux sont entrés dans la danse en proposant aux paysans un prix qui varie entre 290 et 375 francs CFA le kilogramme. La conséquence est ainsi sans appelle pour les huiliers sénégalais qui n’ont pas suffisamment de moyens pour faire face à cette nouvelle loi du marché qui joue en faveur des paysans.

Ainsi, près de quatre semaines après l’ouverture officielle de la campagne de commercialisation, ils n’ont pas pu collecter 5000 tonnes, loin des 150 000 initialement prévues. Mais, l’Etat, ne compte pas laisser perdurer cette situation a décidé d’agir en utilisant la méthode forte. Depuis quelques jours, les camions des paysans sont ainsi traqués dans les quatre coins du pays et immobilisés par la gendarmerie. Une situation vivement dénoncée par le maire de Typ, Serigne Bassirou Mbacké. Grand producteur dans les régions de Diourbel, Kaolack, Diourbel, Kaffrine et Matam, il estime que l’Etat devrait plutôt aider les paysans à vendre leurs récoltes au meilleur prix même s’il faut renforcer le pouvoir d’achat des acheteurs locaux. Ceci permettrait surtout de préserver la banque de semences. « L’agriculture qui occupe 70% de la population est notre principale activité, l’Etat ne doit pas juste se limiter à vouloir préserver le capital semencier, il doit également penser au sort des paysans qui, s’ils ne vendent pas leurs récoltes à un bon prix, auront des difficultés pour survivre », tranche-t-il.

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