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SANCTIONS DE LA CEDEAO CONTRE LE MALI : Bamako contourne Dakar, qui suffoque économiquement

Depuis le 09 janvier, suite à la prise du pouvoir par la junte militaire, avec à sa tête le colonel Assimi Goita, le Mali est soumis à un embargo économique qui limite les échanges commerciaux avec ses partenaires de la CEDEAO aux seuls biens de première nécessité. Une situation qui affecte lourdement l’économie du pays, mais également celle de ses plus proches voisins, notamment le Sénégal et la Côte d’Ivoire.

Tous les jours, sur 1300km, l’axe Dakar-Bamako est envahi par des centaines de camions maliens, transportant des marchandises destinées à la consommation. Ce corridor Dakar-Bamako est un axe stratégique pour le Sénégal : en 2020, 21% de ses exportations étaient destinées au Mali, selon l’Agence Nationale de la Statistique et de la démographie(ANSD).

Les sanctions de la CEDEAO asphyxient l’économie du Sénégal

Depuis la mémorable décision de la Cedeao en janvier dernier contre la junte malienne, chaque jour des pertes économiques sont notées au port de Dakar. Car, 70% des déclarations douanières étaient faites par des opérateurs économiques maliens. De même, le port de Dakar est de plus en plus saturé, à cause des blocages sur les dédouanements et des pertes de produits périssables, entre autres causes.

Ce qui fait dire que si ces sanctions sont difficiles et plongent davantage le Mali dans un «K.O » économique, elles ont également des conséquences immédiates dans l’économie Sénégalaise que les transactions avec ce voisin boostaient. Du coup depuis la sentence, discutable et discutée de la Cedeao, il n’y a plus d’exportation ni d’importation entre le Mali et ses pays voisins ; exception faite de la Guinée et de la Mauritanie, qui ont ouvert des voies de contournement soulageant la junte. Ainsi au détriment de notre économie, cette sanction se traduit par la suspension des transactions, sauf pour les produits de première nécessité et pharmaceutiques.

Un rapport de la Banque mondiale, parue en Août 2020, donne une idée sur les conséquences de la sanction décrétée par la Cedeao : le document relevait la grande fragilité de l’économie malienne, en mettant en lumière les conséquences cumulées de la crise sanitaire de la covid-19 et celle socio-politique liées au coup d’Etat. Le rapport de la Banque mondiale évoquait la récession de l’économie et l’accélération de la dette publique, dues aux dépenses pour lutter contre la pandémie. La Banque mondiale a évoqué également la chute des cours mondiaux due au coton, dont le Mali est un important producteur. Sur le plan interne, les populations maliennes ressentent les conséquences, avec l’inflation et le taux de chômage qui augmentent de manière exponentielle.

Etant le principal client du Sénégal, le Mali est également la première destination des exportations dans l’espace Uemoa. Ces exportations sont estimées à plus de 200 milliards de FCFA, selon l’édition 2019 de la note d’analyse du commerce extérieur (Nace) de l’ANSD. Cela signifie que le Mali est un potentiel marché stratégique et d’importance pour le Sénégal.

Des solutions d’urgence s’imposent

L’embargo décrété par la Cedeao a certes bloqué le Mali, dont la junte cherche à desserrer l’étau en synergie avec ses populations et quelques voisins. Elle impacte de plus en plus négativement sur l’économie du voisin sénégalais, en particulier. C’est pourquoi de l’avis des opérateurs économiques comme des populations riveraines, à ce stade de la situation, il est important de trouver des solutions de sortie de crise ; car l’économie reste et demeure la principale activité du développement d’un pays. Il s’y ajoute qu’aucun Etat ne peut plus vivre en vase clos, dans un monde devenu « un village planétaire ».
Et puisque c’est son le président Macky Sall chef de l’Etat du Sénégal qui préside maintenant l’Union africaine, l’espoir est permis et sa diligence d’une solution durable très attendue.

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